
La question de la notation sociétale des entreprises regroupe des approches très
diverses, tant dans leur finalité, que dans les méthodologies mises en œuvre et
les acteurs impliqués.
Trois démarches différentes, qui explorent ce sujet de l'évaluation de la performance
sociale et environnementale de manière complémentaire, ont été identifiées :
démarche de rating
Il s'agit d'une démarche de "notation sociétale" des entreprises, menée par des
cabinets ou agences de rating spécialisés tels que Vigeo en France, SAM en Suisse,
ou encore Eiris en Angleterre, regroupés pour certains d'entre eux dans des réseaux
internationaux.
Cette démarche, née sous l'impulsion d'investisseurs sensibles aux questions éthiques
(groupes religieux, etc.), concerne uniquement les entreprises cotées en bourse
puisqu'elle a pour finalité d'établir un classement de ces entreprises à l'attention
des investisseurs, gestionnaires de portefeuilles, etc.
Ce classement qui varie
selon les agences est généralement réalisé sur la base des principaux critères
suivants : politique RH, relations clients/fournisseurs, relations avec les actionnaires,
prise en compte des attentes de la société intégrant le respect de l’environnement
L'évaluation, indépendante, se fait essentiellement à partir de questionnaires
et d'entretiens croisés avec les différents responsables de l'entreprise et un
panel de représentants de ses stakeholders.
Les entreprises "notées" se prêtent donc au jeu (réponse aux questionnaires, envoi
des documents réclamés, etc.), mais il ne s'agit pas, au moins à l'origine, d'une
démarche active de leur part. Afin de croiser les informations obtenues et d'homogénéiser
les méthodologies développées, plusieurs cabinets de rating internationaux sont
en train de se constituer en réseaux, avec à terme, la perspective de créer leur
propre indice boursier d'entreprises responsables.
démarche de reporting
Il s'agit d'une démarche volontaire des entreprises elles-mêmes (y compris non-cotées
en bourse) qui, par souci de transparence et de dialogue avec leurs parties prenantes
et/ou pour se préparer à répondre aux questionnaires des agences de rating, ont
décidé de rendre des comptes sur les différents impacts de leur activité. Le
reporting est délivré dans le cadre de document d’information, de bilan ou de
rapport. Le choix. Il exprime en fonction de sa nature, l’état d’avancement d’une
démarche de responsabilité affichée.
Si les initiatives se multiplient pour formaliser cet exercice, il n'existe encore
aujourd'hui aucun véritable standard en la matière et les rapports existants sont
encore peu comparables les uns avec les autres (nature de l'entreprise et de son
activité, nature des informations fournies et des thèmes choisis, existence ou
non d'audits extérieurs, etc.).
démarche d’élaboration de normes
et labels
Pour formaliser leur engagement et évaluer leur performance sur un certain
nombre d'indicateurs sociétaux, les entreprises ont la possibilité de se tourner
vers une certification sociale et/ou environnementale.
Il s'agit d'une démarche par laquelle l'entreprise s'engage à se fixer des objectifs
(de moyens pour les normes et de résultats pour les labels) et à mettre en place
des procédures précises pour les atteindre.
L'entreprise est ensuite auditée chaque année par un organisme indépendant (tel
que PricewaterhouseCoopers, KPMG, Bureau Veritas, etc.).
Les normes et les labels de cette sorte se multiplient aujourd'hui et la tendance
est à une consolidation des différentes normes existantes (voir Iso 20000, AA
1000), qui certifierait, aux yeux du public, la démarche sociétale de l'entreprise
dans son ensemble.