Villes intelligentes : libérer les opportunités grâce à une réglementation adaptée

Les villes sont toujours plus attirées par le potentiel qu’offrent les technologies de l’information et des communications (TIC) pour améliorer l’efficacité de leur organisation et  la gestion de leurs  ressources. Pour devenir, en d’autres termes, des villes intelligentes.

De telles ambitions peuvent émaner d’orientations générales en lien avec des objectifs concernant le changement climatique ou des questions énergétiques; ou bien résulter de la pression des citoyens et contribuables demandant une meilleure qualité de vie et de l’environnement. La motivation peut aussi être financière, dans un contexte de restrictions budgétaires dans tous les domaines de l’administration publique. En parallèle, le marché continue de créer des services et produits innovants aux villes de plus en plus pressées de devenir intelligentes.
Malgré cela, alors que les technologies ont souvent déjà fait leurs preuves  – dans le cadre d’opérations pilotes ou de projets-vitrines technologiques  – bien des villes en Europe rencontrent des difficultés à passer à la vitesse supérieure en matière de numérique, ceci en raison de nombreux facteurs.
En particulier, l’adoption par les villes de technologies intelligentes est entravée par une série de préoccupations liées à la gestion de risque et à la confiance. A cela s’ajoutent les problèmes habituels liés à l’adoption de nouvelles technologies et aux véhicules contractuels de portage de risque, dans un contexte où les usages possibles en matière de technologies intelligentes sont multiples : éclairage, gestion des déchets, énergie, stationnement, entretien des routes et transport public, pour n’en citer que quelques-uns. De plus, les bénéfices apportés par ces technologies intelligentes sont souvent diffus, alors que les coûts sont eux bien identifiés. Résultat : les villes peuvent se sentir démunies quand il s’agit de garantir que les choix technologiques qu’elles feront résisteront à l’épreuve du temps, dans un contexte où les évolutions technologiques sont rapides.
Devant ces défis, il pourrait être plus facile pour les villes de changer leur approche, en ne procédant plus à un marché public traditionnel d’achats de plateforme ou systèmes, pour adopter un nouveau paradigme dans lequel elles paieraient pour des services fournis – conformément à des objectifs contractuellement définis, tant au niveau économique qu’environnemental et social. Cette approche laisserait alors au fournisseur la charge de la mise à jour technologique autant que nécessaire, tant que l’expérience utilisateur assurerait un service sans interruption et dans la forme spécifiée. On pourrait appeler ce genre d’approche : innovation as a service (ou « l’innovation délivrée sous forme de service  clé en main»).
Les institutions européennes peuvent aider de multiples façons, essentiellement avec des mesures de financement plus appropriées – mais aussi en cristallisant des apports d’expertise. Dans ce contexte, le rôle de la standardisation nécessite également un examen approfondi. La progression des villes intelligentes serait également accélérée si l’assistance était apportée au plus près des villes, avec des véhicules de financement et d’expertise appropriés,  grâce à la constitution de clusters de villes qui pourraient partager entre elles idées et bonnes pratiques.
Cet article rappelle certains des obstacles, et formule des propositions pour que les politiques urbaines puissent bénéficier de moyens mieux adaptés à une transformation en villes intelligentes du futur. Il examine également le rôle des institutions européennes et les modalités pour qu’une action à l’échelle européenne soit pertinente.

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