COP21 : bilan et perspectives pour Orange

Par Christine Albanel, Directrice Exécutive RSE, Diversité, Partenariats et Solidarité

 

La COP21, qui s’est achevée avant Noël, a été un grand moment de la vie internationale, rassemblant la presque totalité des pays autour des enjeux de l’environnement. Elle a été un succès pour la France, même si, bien sûr, les décisions prises devront se traduire concrètement dans les politiques de moyen et de long terme.

Mais elle a eu une autre vertu : celle de montrer que l’avenir de notre planète est l’affaire de tous, et notamment des entreprises. Jusqu’alors, elles étaient en dehors de l’enceinte, en dehors des négociations. En décembre, pour la première fois, les entreprises étaient là, au cœur des discussions. Non pas spectatrices, mais acteurs majeurs, à l’égal des Etats. Rassemblées au sein de différents groupements, elles se sont donné des objectifs chiffrés, mesurables et publics, répondant ainsi aux exigences des citoyens.

Désormais, les Etats et l’ensemble de la société attendent qu’elles apportent des solutions, qu’elles prennent des engagements et aussi, bien sûr, qu’elles les tiennent, en toute transparence. L’exemple du scandale Volkswagen a montré que l’exigence environnementale était d’abord une exigence éthique.

Orange a été un partenaire actif de la COP21 via un ensemble de prestations techniques, notamment une couverture réseau pour laquelle l’ONU nous a félicités. Nous avons également invité nos collaborateurs, comme le grand public, à se mobiliser autour d’une campagne pédagogique, les « e-cleaning days ». Celle-ci encourage des gestes simples dans la lignée du tri sélectif, ici appliqués au digital. Elle a été largement plébiscitée.

 

Parce que nous voulons être un opérateur digital, efficace et responsable, parce que nous sommes convaincus que le numérique est un levier, une opportunité unique pour engager nos sociétés et nos clients dans la transition énergétique, nous avons pris des engagements forts :

  • Notre premier objectif est de réduire de 50 % nos émissions de CO2 par usage client, d’ici 2020 par rapport à 2006. Le gros des efforts porte sur nos réseaux : il s’agit d’investir dans des matériels moins énergivores et de mieux partager les infrastructures. Sur les bâtiments, l’implantation de capteurs pour superviser nos consommations et la généralisation des normes HQE ont d’ores et déjà permis une baisse de 40 % de la consommation d’énergie. Enfin, nous avons entamé la transition de notre parc de véhicules vers l’électrique et l’hybride, en menant un test grandeur nature avec Renault/Nissan.
  • Second objectif : prendre toute notre part dans l’économie circulaire. Ainsi de la conception des équipements de nos réseaux et du recyclage des mobiles. 1,7 million de mobiles ont été collectés en 2015 dans nos pays européens. Les offres de rachat d’anciens mobiles et de revente à moindre prix de smartphones reconditionnés sont un succès. D’ici à 2020, nous visons 30 % de mobiles collectés.

Toutes nos réalisations dans ces domaines sont auditées et mesurables. Notre rapport RSE est reconnu et validé par des cabinets de référence. Cette année, pour la première fois, nous allons publier un rapport annuel « intégré », qui comportera à la fois nos résultats financiers et nos performances dans les domaines de notre responsabilité sociale d’entreprise. Cela signifie que les groupes comme le nôtre font désormais l’objet, y compris de la part des analystes financiers comme de nos autres parties prenantes, d’une appréciation globale, qui porte autant sur nos résultats, que sur les règles éthiques qui guident nos pratiques.

 

La COP21 nous montre que le contexte a vraiment changé. La transformation digitale va de pair avec la transformation environnementale et nous menons les deux de front. Ces transformations s’accélèrent.

Ce qui était une intuition, une perspective de long-terme, devient de plus en plus manifeste : les attentes de nos clients en matière d’environnement sont fortes. Nous devons les accompagner car c’est un vecteur de différenciation. La baisse de la facture énergétique est aussi un élément clé de nos plans de maîtrise des coûts. Enfin, l’écoconception est un aiguillon puissant de notre politique d’innovation. Elle concerne les mobiles, aux composants réutilisables et aux batteries plus durables, les data centers, où nous privilégions la ventilation naturelle à l’air conditionné, et même les logiciels, avec une initiative originale des équipes Orange Labs : une solution d’audit instantané de chaque ligne de code, selon sa consommation d’énergie. C’est visible du développeur, il n’a plus qu’à corriger ! Nos data centers sont « sobres » dans leur consommation, les logiciels, qu’ils hébergent, pourront l’être aussi.

De plus en plus, nos offres seront donc évaluées selon leur bénéfice environnemental et les critères d’achat de nos équipements intègreront ces composantes d’économies d’énergie. Tout cela concourt à faire d’une politique environnementale ambitieuse un levier de transformation au cœur même de l’entreprise. Nos modèles d’activité se réinventent aujourd’hui, alors que nous anticipons le retour de la croissance. La course à la puissance et son miroir inversé, le low cost, ne sont pas les seules alternatives sur nos marchés. D’autres stratégies sont possibles et attendues par nos clients, au premier rang desquelles des offres plus simples, ou un cycle de vie des équipements plus long. Et la RSE nous aide dans cette démarche de transformation, car elle questionne nos pratiques, avec le regard indispensable de parties prenantes externes.

Ce qui est fondamental, c’est que notre politique de responsabilité sociale d’entreprise, au sens large, irrigue toutes nos activités. Elle constitue un atout dans nos business. Les Etats s’engagent, les entreprises s’engagent aussi. Etant un acteur clé de la révolution numérique, nous pouvons être aussi précurseurs sur ce terrain-là, qui est tout simplement celui d’une nouvelle croissance.

Christine Albanel