3 questions à Éri Umusu, digital artiste nigérien chez Anthill Studios

Jeune digital artist chez Anthill Studios, l’un des studios d’animation les plus en vogue de Lagos, au Nigéria, Eri Umusu revient sur son parcours, ses réalisations les plus remarquées et décrypte l’avenir de l’animation africaine. 

Orange Pop : Quel est ton parcours ? Et comment es-tu arrivé chez Anthill Productions ?

Eri Umusu : Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours adoré l’animation. Je dessine depuis que je suis enfant et c’est lorsque ma soeur m’a dit que mes dessins étaient bons que j’ai décidé que j’en ferais mon métier. J’ai commencé à apprendre l’animation 3D lorsque j’ai entendu parler d’un poste vacant au studio Beavers, en 2011. Là-bas, j’ai rencontré Niyi Akinmolayan, qui dirigeait le studio, et nous sommes devenus amis. Suite à un désaccord avec eux, il m’a proposé de le suivre pour participer au lancement du studio Anthill. Nous avons mené quelques projets de Visual Effect jusqu’en décembre 2013, période à laquelle je lui ai parlé de mon envie de réaliser THE SIM. Il a beaucoup aimé l’idée et c’est à partir de là que nous avons décidé de nous lancer sérieusement dans l’animation.

O. Pop : Comment est né puis s’est déroulé le projet Plaything ? Est-il amené à être allongé, développé, adapté à d’autres formats ?

E.U : Alors que le studio était en train de travailler sur une série télévisée, Nurdin Momodu, un autre animateur, nous a parlé de son désir de travailler sur un court métrage d’animation. Il n’avait aucune idée d’histoire, mais il voulait absolument travailler sur quelque chose. Un jour, alors que nous parlions de Toy Story et Ant-Man, je me suis souvenu d’une idée que j’avais eu plus jeune et je leur ai présenté. Ils ont adoré et nous nous sommes donc lancés. J’ai proposé le titre Plaything, ça collait plutôt bien. Nous réfléchissons encore à la manière de faire vivre le projet dans le futur. Ce qui est certain c’est que nous en ferons quelque chose.

O. Pop : Selon toi, et de manière générale, comment se porte l’animation nigérienne et plus largement africaine ?

E.U : Au Nigeria, Lagos a toujours été la place majeure pour l’animation. Je ne peux pas parler pour le reste de l’Afrique, mais je pense que nous ne maîtrisons pas encore tout le potentiel  de l’animation et ses applications. C’est pourquoi des studios comme Anthill l’expérimentent de diverses manières afin d’étudier la réaction de notre public. Aujourd’hui, la plus grande différence entre les productions d’animation nigériennes et celles du reste du monde est clairement le financement. Nous avons de très bons concepteurs et artistes CGI (Computer Generated Imagery) et il y a beaucoup d’histoires à raconter, mais sans les ressources nécessaires, beaucoup de projets n’aboutissent pas.

Le futur de l’animation nigérienne est entre de bonnes mains, celles d’Eri Umusu !