La voiture du futur

Conduite intelligente et développements réglementaires

Conduite intelligente et développements réglementaires

Faciliter les avancées en matière de voiture connectée est une priorité politique pour l’actuelle Commission Européenne. Les nouvelles technologies seront bénéfiques pour les consommateurs, mais également pour les entreprises. Pour le secteur des télécommunications, la numérisation de l’industrie automobile générera de nouvelles opportunités commerciales et nécessitera d’importants investissements dans le domaine de la connectivité.

En réalité, avec des millions de voitures sur les routes, une avancée vers les voitures connectées et la conduite automatisée aura des effets structurels sur la façon de concevoir et de planifier les réseaux. Le défi pour les fournisseurs d’infrastructures sera notamment d’accompagner cette progression graduelle d’exigences et de contraintes en mobilisant des fonds, en synchronisant leurs investissements avec les avancées en matière de conduite autonome et en optimisant l’exploitation des réseaux.

Le dialogue entre le secteur des télécommunications et l’industrie automobile

Les voitures connectées représenteront un tel impact sur l’économie que lors du Mobile World Congress en février 2016 à Barcelone, les associations du secteur des télécommunications et de l’industrie automobile ont convenu, sous la direction de Günther Oettinger, commissaire européen à l'économie numérique, d’apporter leur contribution à une nouvelle plateforme de communication intersectorielle et de développer leur collaboration dans les secteurs suivants :

  • Connectivité : La conduite automatisée exigera des systèmes de communication améliorés, et plus précisément des niveaux de performance plus élevés en termes de temps de latence, de débit et de fiabilité. L’Europe devra soutenir le déploiement par les opérateurs des infrastructures fixes et mobiles nécessaires sur fonds privés, grâce à un cadre réglementaire rendu favorable aux investissements et toujours technologiquement neutre. Elle devra favoriser des apports de fonds publics ciblés précisément les cas où il n’est pas intéressant d’investir d’un point de vue commercial, mais ne décourageant pas les investissements privés.
  • Sandardisation : La standardisation est un élément capital du développement du marché de la conduite connectée et automatisée, permettant d’optimiser les coûts et de synchroniser développements et déploiements dans le temps. À cette fin, les deux industries ont convenu de réaliser la feuille de route de toutes les activités de normalisation présentes dans l’industrie automobile et dans le secteur des télécommunications et de déterminer ensemble les priorités.
  • Sécurité : Il est crucial de pouvoir assurer la sécurité de la transmission et du traitement des données. Les deux industries sont déjà impliquées dans des projets propres à leur secteur dans le domaine de la sécurité, mais aujourd’hui, grâce à ce nouveau dialogue, elles ont convenu de renforcer leur collaboration.

Aspects politiques supplémentaires dans le domaine de la connectivité automobile

La conduite autonome, pour fonctionner, implique une communication fluide entre les véhicules et leur environnement. Une connectivité fiable associée à une infrastructure très performante est déterminante. La voiture automatisée nécessite donc des réseaux de grande qualité, ce qui a un coût. Le déploiement d’infrastructures de réseaux en mesure de répondre à de nouveaux services très exigeants, ne se produira dans l’Union Européenne que dans un cadre qui favorise les incitations à l’investissement des opérateurs et récompense la prise de risques. Or aujourd’hui les incitations à investir dans les réseaux de télécommunications en Europe sont insuffisantes comme l’illustre le niveau d’investissement en télécom par habitant deux fois moindre en Europe qu’aux Etats Unis.  Ainsi, une révision du cadre réglementaire des télécommunications pour favoriser le retour sur investissement dans le domaine de la connectivité (à la fois mobile et fixe) est de la plus grande importance. Cette révision devrait notamment s’accompagner d’une réelle simplification de l’ensemble des règles actuelles et une réorientation vers les incitations à  investir.

En outre, les voitures connectées reposeront sur des informations relatives à la localisation géographique, à la vitesse et à la direction, permettant à de puissants serveurs d’analyser le trafic, de prédire les goulots d’étranglement et de gérer la congestion lorsque les embouteillages se produisent. Ces développements auront un impact positif sur le secteur de la mobilité. La sécurité reste toutefois la priorité principale, ce qui  nécessite une connectivité fiable. 

Pour cela, il est capital que les opérateurs maintiennent leurs capacités à gérer le trafic sur leurs réseaux. La réglementation actuelle sur l’internet ouvert et les services autres que l’accès à internet, adoptée dans le cadre du marché unique des télécommunications devrait être mise en œuvre de sorte que les réseaux puissent rester fiables, garantir un faible temps de latence, et mettre en œuvre rapidement des services tout en les ajustant en réponse aux exigences et normes de sécurité des voitures connectées et automatisées. Les nouvelles technologies (réseaux SDN, virtualisation du réseau ou « network slicing ») devront pouvoir être déployées dans un cadre réglementaire favorable qui sécurisera leur déploiement.

La fiabilité dépend notamment des ressources du spectre disponibles. Ce besoin est d’autant plus important qu’à la croissance déjà exponentielle des données, viendront s’ajouter les gigabits de données générés par les voitures en circulation. Actuellement, les bandes de fréquence disponibles sont limitées en raison des nombreux usages déjà en place. Il existe des incertitudes quant à l’accès  aux nouvelles bandes de fréquence par les opérateurs de télécommunication et dans la capacité des nombreuses bandes à accueillir/supporter les nouveaux services numériques (inférieure à 1 GHz, 6 GHz, et au-delà de 24 GHz), qui  devront être totalement adaptées à la 5G. L’Union européenne devrait veiller à la disponibilité  à des conditions économiques favorables d’un spectre harmonisé. De plus, comme les voitures automatisées franchiront les frontières, la politique du spectre doit être cohérente dans toute l’Union européenne pour permettre l’émission de signaux hautement fiables avec un faible temps de latence.

Enfin, il faut rappeler que le chemin vers une conduite autonome complète et totale ne passera pas uniquement par les technologies, mais aussi par les modifications de différentes lois nationales et internationales sur un large éventail de sujets. Ces modifications porteront notamment sur l’harmonisation du code de la route et les ajustements de la législation portant sur les assurances, les responsabilités et les failles. Dans ce contexte, l’évolution du droit international, telle que la Convention de Vienne de 1968 sur le trafic routier international, qui a fait l’objet d’une annonce de l’UNECE (The United Nations Economic Commission for Europe) fin mars 2016, constitue une étape décisive.

La conduite intelligente est un marché international

La liste des exigences réglementaires n’est pas exhaustive. En particulier, la coopération internationale sera au cœur de la réussite de la conduite autonome, afin de concilier tous les systèmes en cours de développement  aux quatre coins du monde. Compte tenu de ces considérations, la réalisation d’un marché unique européen va certainement aider  à atteindre la taille « critique » pour que les normes et les technologies européennes soient reconnues mondialement. Dans cette démarche, les opérateurs de télécommunication seront pleinement impliqués et engagés dans les diverses discussions auprès des parties prenantes, des acteurs politiques et des entreprises.

Notamment, Orange maintiendra son engagement à coopérer et à poursuivre les discussions avec l’industrie automobile et avec d’autres secteurs potentiellement intéressés, afin d’identifier les demandes et y répondre avec précision. L’objectif final serait d’aligner les feuilles de route des différents secteurs dans le but de construire une voiture entièrement automatisée dans un proche avenir.