Développer l’excellence numérique en Europe

Lors de la publication en mai dernier de la feuille de route pour un Marché Unique du Numérique, le défi de la promotion des compétences numériques  était loin de figurer parmi les priorités.

Les décideurs européens ont depuis pris conscience de l’importance des compétences pour une transition numérique réussie de notre société et de notre économie. Comme l’a fait remarquer le Commissaire Günther Oettinger, « nous ne pourrons tirer pleinement profit du Marché Unique du Numérique sans développer au préalable les compétences numériques ».

 

Une main-d’œuvre adaptée au monde numérique

Face au faible niveau de compétences numériques sur le marché du travail européen, il a tout d’abord été proposé de revoir les programmes scolaires pour y introduire davantage de sciences, de technologies, d’ingénierie et de mathématiques (STEM) ainsi qu’une dimension TIC, avec comme ambition de faire reculer le chômage des jeunes. Cela est nécessaire pour améliorer les compétences numériques, tout comme d’autres initiatives visant à promouvoir le numérique auprès des jeunes, à l’image de «IT, le jeu» développé par Orange.

Si la compréhension et la maîtrise des technologies de l’information et de la communication sont un enjeu important pour les citoyens, il ne faudrait pas mettre de côté le défi que représente la mise à niveau de la main d’œuvre européenne. En effet, il faut éviter à tout prix de créer un décalage générationnel sur le marché du travail entre une génération de jeunes diplômés à l’aise avec le numérique et le reste des travailleurs.

Pour cela, l’Union européenne doit faire en sorte que personne ne soit laissé sur le bord de la route, en assurant par exemple une plus grande cohérence des programmes de formation et en proposant un mécanisme de certification à l’échelle de l’Union.

 

Une Europe compétitive qui crée et innove dans le numérique

Disposer d’une société technophile est loin d’être suffisant si l’Europe veut bénéficier pleinement de la révolution numérique. Au-delà de l’acquisition de compétences avancées et basiques, la créativité et la capacité à innover sont les éléments clés pour un écosystème numérique européen compétitif.

D’où la nécessité de faciliter la création et l’innovation numérique et non pas simplement développer la consommation numérique. Cela commence par une industrie européenne qui adopte largement les technologies et processus du numérique. Les bénéfices socio-économiques pour l’économie européenne seraient plus importants si la stratégie européenne en matière de développement des compétences numériques permettait l’émergence de « créateurs » européens.

On ne peut que se réjouir de voir la Commission européenne faire la promotion de la création. Dans un billet de blog publié récemment[1], le Directeur Général Roberto Viola a annoncé une future « semaine de la création européenne », avec l’intention de rassembler la communauté européenne des créateurs.

De la promotion d’un socle de compétences numériques à l’encouragement de l’entrepreunariat, l’Union européenne semble avoir identifié les moyens et niveaux d’action pour assurer son avenir numérique. Sachant que les politiques en matières d’éducation et de marché du travail ne figurent pas directement dans le champ d’action des institutions de l’Union, espérons que la dynamique initiée au niveau européen sera suivi par une approche coordonnée dans les différents Etats Membres.