La voiture du futur

De la voiture connectée au véhicule automatisé : une collaboration plurisectorielle

Selon plusieurs estimations, plus de 600 millions de véhicules particuliers circulent aujourd’hui dans le monde et font de plus en plus appel à des technologies connectées pour se déplacer efficacement et en toute sécurité.

Il existe de nombreux avantages à intégrer des technologies de l’information aux véhicules routiers. Les appareils autonomes et en réseau permettent aux véhicules d’être plus efficaces, d’augmenter la sécurité sur la route à la fois pour les véhicules et les piétons et de consommer moins de carburant. Ces appareils contribuent également à améliorer la fluidité du trafic et à l’amélioration du confort des passagers. Dans cette optique, la Voiture Connectée déjà présente sur les routes, prépare la Conduite Automatisée qui nécessitera des développements distincts, associés à de nouvelles approches de commercialisation.

La Voiture Connectée est déjà une réalité aujourd’hui: des millions de voitures et de camions connectés roulent partout dans le monde, dont des centaines de milliers connectés grâce aux réseaux Orange. Être connecté permet d’accéder à de nombreux services, de l’information routière sur les établissements à proximité (magasins, restaurants ou hôtels), grâce à la combinaison de la technologie de localisation GPS et des technologies Internet jusqu’à la gestion de parcs automobiles.

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A contrario, la Conduite Automatisée est  encore au tout début de son développement. À travers le monde, les essais se poursuivent. Le succès des voitures automatisées représente un enjeu crucial pour les consommateurs et les sociétés en Europe. Les consommateurs vont tirer de grands bénéfices de cette nouvelle technologie, notamment grâce à la réduction des accidents de la route et à une approche plus centralisée de la gestion du trafic. C’est aussi un sujet d’intérêt pour les autorités publiques car l’impact sur la gestion du trafic et, par conséquent sur l’aménagement urbain, sera très important. Cet intérêt est d’autant plus grand que l’industrie automobile, qui génère beaucoup d’emplois à travers ses fournisseurs et grâce à l’ensemble de sa chaîne logistique, sera grandement impactée par le progrès technologique résultant des technologies numériques et de la connectivité améliorée.

Il est crucial pour l’industrie européenne de produire avec succès des voitures automatisées, mais les futurs développements sont soumis à de nombreux risques et dépendent de la disponibilité et des performances d’une large gamme de technologies issues de l’industrie automobile ou des réseaux de télécommunications. L’automatisation complète ne se fera pas du jour au lendemain, les   différentes  caractéristiques techniques permettront  des niveaux d’automatisation distincts, de la conduite assistée à la conduite sans conducteur.

Pour illustrer le chemin qu’il reste à parcourir, il est possible de se référer à la nomenclature de Verband der Automobilindustrie, laquelle définit six niveaux d’automatisation :

  • Niveau 0 : aucune automatisation de la conduite. Les systèmes émettent seulement des alertes, alors que la vitesse (vitesse de croisière, accélération et freinage) et la direction du véhicule sont sous le contrôle du conducteur.
  • Niveau 1 : un système contrôle la vitesse ou la direction du véhicule, le conducteur humain prend  en charge les tâches non contrôlées par le système.
  • Niveau 2 : l’automatisation partielle existe uniquement à ce niveau, le conducteur pouvant laisser au système le contrôle de la vitesse et de la direction dans certaines situations. Le conducteur doit surveiller de manière continue le véhicule et le trafic, et être capable de reprendre immédiatement le contrôle du véhicule à tout moment.
  • Niveau 3 : le système sait reconnaître de lui-même ses limites, c’est-à-dire le moment où ses fonctions ne lui permettent plus de gérer les conditions de l’environnement. Le véhicule avertira le conducteur pour qu’il reprenne le contrôle au besoin, sans que le conducteur n’ait à surveiller le véhicule en continu. Le conducteur doit alors reprendre le contrôle du véhicule dans un délai défini après le signal.
  • Niveau 4 : à partir de ce niveau, le conducteur peut laisser le système accomplir l’ensemble des tâches de conduite dans certaines situations selon les caractéristiques de la route, la vitesse et l’environnement.
  • Niveau 5 : ce niveau renvoie à la conduite sans conducteur. Le véhicule peut accomplir la totalité de la conduite, indépendamment du type de route, de la vitesse ou des conditions.

Personne ne peut dire aujourd’hui quand ce dernier niveau sera atteint. Chaque niveau d’automatisation dictera ses exigences techniques en matière de connectivité et de communication entre les véhicules et l’environnement, ainsi qu'au sein du véhicule lui-même. Cette automatisation de plus en plus étendue  générera de nouveaux besoins de connectivité et de technologies, qui n’ont pas  encore été clairement identifiés aujourd’hui. Au stade ultime de l’automatisation, les préoccupations liées à la sécurité seront telles que des contraintes drastiques s’exerceront  sur les communications, que ce soit sur la couverture, la fluidité, le temps de latence ou la stabilité.

En raison de ces niveaux de complexité et de coordination, le processus (d’automatisation) ne sera opérationnel que progressivement, et devrait s’étaler sur cinq ou dix ans au minimum. Néanmoins, des priorités sont à définir maintenant.

Le rôle que joue la connectivité dans le futur de l’automobile fait l’objet d’un article spécifique.