Quel impact du numérique pour les enfants ?

A l’heure où la rupture estivale permet une déconnexion (raisonnée), revenons sur quelques points clés du débat entre Arnaud de Saint-Simon et Fanchon Mayaudon-Nehlig lors du Salon Viva Technology à Paris.

De grands sujets de fond relatifs à la (dé)connexion ont été abordés : Quel est l’impact réel du numérique sur nos cerveaux ? Les adolescents « geeks » sont-ils si isolés que cela ? Passe-t-on trop de temps sur nos écrans ? Verdict ? Zen…

La connexion : hier, aujourd’hui, demain

Aujourd’hui chacun le constate, le digital s’est imposé dans nos existences et impacte la vie familiale.

Cela suscite un mélange de fascination et d’inquiétude. Les progrès se réalisent à vitesse « grand V » et notre vie se transforme, sans qu’on ait vraiment le temps d’y réfléchir. On n’aime plus, on ne voyage plus, on ne soigne plus, on n’étudie plus de la même façon. La vie de la famille a été reconfigurée par les écrans –parfois même en vacances ! Mais voudrait-on revenir vingt ans en arrière ? Non !
Arnaud de Saint-Simon (partenaire fondateur du Digital Society Forum et directeur de la publication de Psychologies Magazine)

Les enfants et les ados

Concernant les études soulignant que les plus jeunes passent « trop de temps » sur les écrans, les avis sont plus nuancés.

Tous les enfants ne sont pas égaux. Ce n’est pas la même chose d’avoir un enfant de deux ans qu’il faut bien sûr protéger contre les écrans, et un adolescent qui surfe sur le Net et s’adonne aux jeux vidéo. Il faut différencier les publics pour adapter sa réponse. Le numérique impacte la concentration, l’attention,... Mais surtout, il nous met dans un mode de pensée plus horizontal : il favorise la capacité de pouvoir passer d’un sujet à l’autre, et c’est un talent. Mais cela engendre aussi de la difficulté à creuser un sujet. Donc il faut conserver des moments où les enfants doivent aller en profondeur et à réfléchir. Et des temps nécessaire de pause. La déconnexion sert à cela aussi !
Arnaud de Saint-Simon
On voit apparaître beaucoup d’études qui interrogent le digital, notamment sur les modifications profondes de l’organisation structurelle de notre cerveau. Seulement, si on raisonne ainsi, faut-il craindre pour l’acquisition de l’écriture et de la lecture qui, je le rappelle, réorganisent complètement certaines zones de notre cerveau qui se spécialisent pour devenir expertes de ces domaines? Et puis, je me demande s’il est vraiment nécessaire de mettre en concurrence les savoirs. D’une manière générale, je préfère me dire que lire, écrire ET coder bouleversent les fonctions cognitives du cerveau ET sont utiles !
Fanchon Mayaudon-Nehlig (co-fondatrice et responsable pédagogique de la start-up Coding Days)

Jeux vidéo : quand on aime on ne compte pas ?

Se déconnecter en été, certes, mais qu’en est-il des jeux vidéo ? Ce sont les vacances… D’ailleurs sont-ils néfastes ?

Est-ce que l’amour est positif ou est-ce que ça détruit ? Les deux ! En fait les jeux vidéo développent la créativité, la capacité à s’organiser en groupe, et ils sociabilisent les enfants. Mais ils peuvent aussi s’avérer nocifs pour les enfants ayant tendance à l’introversion. Et soyons lucides : les interdits ne marchent pas. Alors ? L’idéal, pour les parents, est de s’y intéresser, pour aider leurs enfants à avoir une consommation intelligente et raisonnable
Arnaud de Saint-Simon
Pas de panique, mais pas de naïveté. Il faut faire les choses avec les enfants -connectés ou pas- pour bien comprendre où il faut mettre des limites.
Fanchon Mayaudon-Nehlig