Quand le Big Data prend les rênes de l’entertainment

Le Big Data exerce une influence sur la diffusion des contenus par sa capacité à nous proposer les bonnes offres au bon moment. Il orienterait même les acteurs de l’entertainment dans leurs créations afin de proposer des contenus qui auraient toutes les chances de rencontrer l’engouement du public.

Du Big Data à la publicité ciblée

Le Big Data a fait son entrée dans le monde de l’entertainment grâce aux opérateurs over-the-top (OTT) dont le modèle se fonde sur la recommandation. « Les abonnés accèdent à un catalogue gigantesque, il faut les aider à identifier leurs attentes en analysant leurs habitudes de consommation », explique Thierry Denoit, Responsable Big Data et contenus chez Orange.

Si le Big Data permet aux services on demand de personnaliser leurs contenus, quel intérêt pour les chaînes linéaires ? Au-delà des recommandations pour les contenus à la demande qu’elles proposent également – notamment avec le replay –  c’est la publicité ciblée qui les intéresse. Répandue aux États-Unis, elle pourrait arriver en France si la réglementation évolue : la publicité différenciée est aujourd’hui interdite aux chaînes live.

Big Data : potion magique pour artistes ?

Les contenus eux-mêmes peuvent-ils être influencés par le Big Data ? Lady Gaga analyserait grâce à lui les retours de ses fans sur les réseaux sociaux pour composer la play-list idéale de ses concerts. De même, les concepteurs de certaines séries télévisées « écouteraient » les réseaux sociaux pendant et après la diffusion d’un épisode afin d’adapter le scénario des suivants. Mais toujours proposer au public ce qu’il attend ne risque-t-il pas de provoquer une certaine lassitude et d’émousser la créativité des artistes ?

Pourquoi n’utiliserait-on pas les connaissances que nous procure le Big Data ? Il y a toujours eu des règles dans la création artistique. Il y a autant de schémas de scénario définis que de styles de musique ou de peinture… Autrefois intuitives, les règles peuvent être aujourd’hui dictées par le Big Data. Ceci dit, il y toujours ceux qui suivent les règles et ceux qui s’en affranchissent.

Thierry Denoit

Et surtout, les technologies ont des limites. Certes, elles sont aujourd’hui capables d’analyser en détail le style et la composition de tableaux ou de musiques d’un artiste pour créer une œuvre « originale », qui tromperait même les experts. Un contenu n’en demeure pas moins une œuvre bien humaine. Un réalisateur par exemple s’exprime aussi via la mise en scène, la lumière ou les décors.

Première : un département Big Data chez Orange

C’est en avril 2017 que la Direction des contenus a créé un département Big Data et Contenu qui a pour objet de mieux connaître les attentes des consommateurs.
Premier département technique de cette direction, il rassemble des collaborateurs maîtrisant à la fois les statistiques, l’informatique et les aspects métiers liés au Big Data. Leurs compétences seront mises, au sein du Groupe, au service des métiers et pays, pour accompagner leurs besoins en matière de Big Data et contenus.