Quand le digital fait rimer connexion avec inclusion

L’AfricaCom rassemble du 13 au 15 novembre au Cap, en Afrique du Sud, tous les acteurs des télécoms et des technologies du continent. Présent à ce grand événement, Alioune Ndiaye, Directeur Général d’Orange Middle East and Africa, interviendra lors d’une présentation sur « le numérique au service du développement socio-économique ». Explications.

Où en est l’Afrique en matière de transformation digitale ?

Alioune Ndiaye : L’Afrique est le continent qui a le plus à gagner de la révolution numérique. Grâce aux nouvelles technologies, les pays africains peuvent s’affranchir des vieux modèles industriels pour sauter des étapes et accélérer leur croissance économique. Moins de 2 % des Africains disposaient d’un accès télécom en 2000 alors qu’ils sont 60 % aujourd’hui. Par comparaison, l’Afrique a réalisé en 15 ans ce que la France a accompli en 85 ans ! De même, le passage de la 3G à la 4G s’est effectué en 3 ans sur l’ensemble du continent alors qu’il a pris 10 ans en Europe.

En quoi le digital est-il un levier de développement pour le continent ?

AN : Le numérique est un formidable outil de réduction des inégalités et exclusions sociales . C’est aussi un puissant levier de transformation individuelle et collective. C’est pourquoi, chez Orange, nous œuvrons chaque jour à rendre le numérique accessible à chaque individu.

La valeur ajoutée d’Orange, c’est l’inclusion numérique.
Alioune Ndiaye, Directeur Général d’Orange Middle East and Africa

Notre valeur ajoutée, c’est l’inclusion numérique. C’est ce qui explique la création de l’offre Orange Money il y a 10 ans. L’accès à un compte bancaire classique demeurait difficile pour une grande partie de la population en Afrique alors que le mobile y était déjà très répandu. Accéder à son argent depuis son mobile, envoyer de l’argent à sa famille, payer ses dépenses courantes, recevoir son salaire sur son téléphone portable… Orange Money a permis à des millions de personnes exclues du système financier traditionnel d’effectuer des transactions financières de manière instantanée, sécurisée et fiable. Son succès montre comment le numérique peut améliorer la vie quotidienne de chacun. Nous développons d’autres services innovants qui répondent aux besoins essentiels de la population africaine en matière d’éducation, de santé et d’agriculture notamment. 

Pourriez-vous nous donner des exemples ?

AN : La transformation digitale a un impact sur tous les métiers et les secteurs. L’acquisition de compétences liées aux nouvelles technologies s’avère donc nécessaire pour les jeunes générations. Défi d’autant plus grand qu’un habitant sur deux a moins de 20 ans en Afrique et au Moyen-Orient. Nous avons mis en place un projet appelé « Grande école numérique africaine » afin de répondre aux besoins d’enseignement et de formation. Il se traduit notamment par l’ouverture de centres de formation aux compétences digitales et aux métiers du numérique tels que l’école « Sonatel Academy », première école gratuite de codage au Sénégal pour les 18-30 ans.

Autre exemple d’inclusion, lié à l’énergie cette fois. Aujourd’hui, un africain sur deux n’a pas accès à l’électricité, c’est 70% de la population en Afrique sub-saharienne. Les pannes et les délestages qui surviennent sur le continent sont à l’origine de coupures de courant d’une durée de 6 heures en moyenne. L’électrification du continent représente donc un vrai défi auquel les énergies vertes apportent une réponse. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé notre offre de kits solaires Orange Energie dans 7 pays d’Afrique. Une fois le modèle économique de cette activité confirmé, nous en poursuivrons le déploiement.

Orange Afrique et Moyen-Orient: zoom sur la première zone de croissance du Groupe !

Aujourd’hui, Orange est implanté dans 20 pays de la zone Afrique Moyen-Orient (contre 4 il y a 10 ans), et y investit chaque année un milliard d’euros. Pour ancrer cette présence et nous adapter aux spécificités des différents pays, nos filiales s’appuient sur des compétences recrutées localement et travaillent avec des partenaires sur place.
« Sur nos 18 000 employés, seuls 50 sont des expatriés », souligne d’ailleurs Alioune Ndiaye.

Cette stratégie fonctionne : Orange Afrique et Moyen-Orient est la première zone de croissance du Groupe.
« Depuis 10 ans, nous enregistrons une croissance annuelle moyenne de près de 4,5 %, en dépit des risques locaux et internationaux. Et nous sommes à 5% sur les neuf premiers mois de 2018 », précise Alioune Ndiaye.

Enfin, un Africain sur 10 est un client d’Orange et un Africain sur 30 utilise nos services bancaires et financiers comme Orange Money. Près de 30 % des clients 4G du Groupe Orange sont en Afrique et au Moyen-Orient.