Route du Rhum : une aventure connectée pour Sébastien Desquesses

Sébastien Desquesses, skipper du bateau Spirit of Saint-Malo et Jean-François Pellet, chef de projet chez Orange, nous expliquent comment la technologie est au service d’un exploit sportif dans un environnement extrême.

Tous deux malouins, fans de sports nautiques depuis leurs années de collège, ils ont décidé de faire vivre une expérience unique aux amateurs de la mythique course transatlantique.

Depuis la ligne de départ de la course le 4 novembre jusqu’à l’arrivée attendue à Pointe-à-Pitre, les informations du skipper et du voilier sont collectées grâce à des capteurs et des objets connectés.

C’est un défi personnel pour Sébastien Desquesses qui se lance pour la première fois dans cette épreuve. C’est aussi une expérimentation technologique sans précédent, en partenariat avec Orange et l’École Supérieure d’Ingénieurs de Rennes (l’ESIR), sous le pilotage de Jean-François Pellet.

Equipe Spirit of Saint Malo

Achille Penet (ESIR), Jean-François Pellet (Orange), Sébastien Desquesses (skipper)

Quelle est votre motivation à participer à cette légendaire compétition ?

Sébastien Desquesses : Je fête mes 47 ans le jour du départ. C’est un beau cadeau mais il faut rester humble lorsqu’on se lance pour la première fois dans cette course qui me fait rêver depuis mon enfance ... mais qui n’est pas facile.

Mon ambition est avant tout de m’enrichir des expériences de navigation en solitaire.

Quel est le point de départ de la collaboration entre un navigateur et Orange ?

Jean-François Pellet : Je suis chef projet chez Orange donc au cœur de l’innovation au service des clients.

Sébastien et moi sommes tous deux amis de plus de 30 ans et passionnés de voile. Alors, dès l’annonce de son inscription à l’épreuve transatlantique, nous nous sommes posé la question d’un suivi amélioré de la course.

Selfie S.Desquesses et JF.Pellet

L’ambition est d’aller au-delà des données habituelles de position, de vitesse et de cap. À notre connaissance, aucun skipper n’expérimente ce type de suivi connecté.

Concrètement, comment fonctionne l’expérience à bord ?

JF.P. : Les données issues de capteurs en place sur le voilier et de la montre connectée de Sébastien, une Garmin Vivosport, sont collectées, retransmises par satellite puis mises à disposition sur une plateforme web.

Les amateurs de voile ont-ils accès aux informations du voilier et de Sébastien Desquesses ?

JF.P. : Tout le monde peut se connecter sur le site web qui recueille les informations. On peut aussi poser des questions à un assistant virtuel en ligne qui répond à la place de Sébastien. Par exemple : quel était le repas ce soir ? Le chatbot cherche les bonnes informations parmi les données collectées sur le bateau et les traduit en langage naturel.

Schéma projet Spirit of St Malo

Quels sont les avantages d’une connexion enrichie pour le marin ?

S.D. : Je ne suis pas féru de nouvelles technologies mais plutôt un bon bricoleur qui ne veut rien laisser au hasard.

Suivre mon activité physique grâce à une montre connectée, comme mon rythme cardiaque, mes heures de sommeil et mes habitudes alimentaires, me permet d’analyser mon rythme de vie à bord pour mieux m’adapter à l’environnement extrême de la haute mer.
Grâce aux capteurs sur le voilier, je peux analyser des informations extérieures comme les pointes de vitesse, la température de l’air, de l’eau, la pression atmosphérique, les vitesses du vent …

C’est une expérimentation qui me permet d’optimiser mes forces et qui peut aider à entretenir le bateau d’ici Pointe-à-Pitre !

Sébastien Desquesses
Au fur et à mesure du temps, les informations transmises aident le marin à mieux se connaître, à comprendre son expérience de navigation dans l’objectif d’optimiser sa course et de préparer de futurs exploits. J’y vois un véritable progrès.
Sébastien Desquesses, skipper

Avez-vous bénéficié d’un accompagnement spécifique ?

JF.P. : Le collectif et le partage d’idées pour trouver des solutions avec Sébastien a été notre moteur. Un étudiant de l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Rennes, Achille Penet, a également participé aux études de faisabilité et aux tests sur le bateau. L’ambition était de construire une solution innovante dans le domaine des objets connectés.

Des start-up nous ont aussi aidés à développer la plateforme et à mettre en place la liaison satellite.

Quel sera l’impact de l’expérimentation ?

S.D. : J’y vois un véritable progrès. Au fur et à mesure du temps, les informations transmises aident le marin à mieux se connaître, à comprendre son expérience de navigation dans l’objectif d’optimiser sa course, mais aussi dans l’optique d’exploits futurs.

On peut aussi transposer la solution à d’autres activités.
J’ai créé une association Spirit of Saint-Malo qui soutient les sportifs dans leurs exploits en mer, en montagne ou dans le désert.

Avec cette technologie, optimiser sa performance et faire partager son aventure aux autres ouvrent de nouvelles perspectives.

Suivez Sébastien Desquesses
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