FabLabs Solidaires : le numérique, levier d’insertion professionnelle

En 2014, la Fondation Orange lance un programme international d’éducation numérique, les FabLabs Solidaires. L’objectif ? Proposer une formation gratuite en rupture avec les méthodes d’enseignement classiques à des jeunes de 16 à 25 ans. Aujourd’hui, 88 FabLabs redonnent confiance aux jeunes et leur (ré)apprennent à mener des projets dans 16 pays. Témoignages.

image d'illustration

Faire du numérique un levier d’insertion

Les FabLabs sont nés aux Etats-Unis à la fin des années 1990 de la prise de conscience du nécessaire partage des savoirs et de « l’apprendre par le faire ». Ils sont identifiés par Orange comme un outil permettant de mettre en œuvre une pédagogie concrète innovante afin d’accompagner les jeunes en insertion.

La Fondation Orangecrée ainsi le programme FabLabs Solidairespour imaginer et constituer de véritables parcours de formation. « Nous avons réalisé que la fracture numérique allait constituer un nouveau facteur d’exclusion, en touchant toujours plus de métiers et secteurs. Nous voulions, au contraire, faire du numérique un levier d’insertion », explique Séverine Ozanne, Directrice du programme FabLabs Solidaires à la Fondation Orange.

Un FabLab est un lieu qui promeut la créativité, le droit à l’erreur et qui exclut tout jugement. Un lieu idéal pour permettre aux jeunes en rupture de reprendre confiance en eux, tout en acquérant de réelles compétences. Les parcours de formation sont définis par les FabLabs eux-mêmes, en toute autonomie. « Pas question de formater le fonctionnement : chaque FabLab peut nous proposer un projet particulier qui passera devant un comité », précise Séverine Ozanne.

Promouvoir des projets utiles et collectifs

La Fondation Orange a fixé des prérequis pour retenir un projet. Tout projet de formation doit s’appuyer sur une association d’insertion – par exemple en France, une « École de la 2e Chance » – qui accompagnera le jeune en amont et en aval de la formation.

Chaque session doit également comprendre un projet collectif, qui permet de développer des compétences transverses. « J’ai acquis de nombreuses connaissances techniques, mais j’ai aussi appris à travailler en équipe, gérer un projet, répartir les tâches… », raconte Guillaume, qui a suivi un parcours de formation au sein du FabLab Solidaire dans l’Orléanais.

Les jeunes participants vont aussi retrouver l’envie de faire et se fixer des objectifs. « Après un CAP, je n’ai rien fait pendant 2 ans. Puis au FabLab, j’ai appris à utiliser la découpe vinyle, l’imprimante 3D et la découpe laser. J’ai surtout aimé fabriquer mon propre produit, de A à Z », confirme Océane, qui compte bien « continuer à venir » au FabLab.

« À l’issue de sa formation, le jeune aura un sujet de fierté, une expérience positive à raconter et quelque chose à montrer lors d’un futur entretien d’embauche », explique Séverine Ozanne. Une fierté accrue par le fait que le projet collectif est souvent ancré dans l’écosystème local. Il s’agira par exemple de fabriquer des luminaires avec une imprimante 3D pour une association de quartier ou un échiquier géant pour une mairie. Ou bien encore, comme a pu le faire Guillaume, participer à la conception et la réalisation d’une prothèse de main bioélectrique. « Ce que je retiens de mon expérience, c’est surtout la fierté d’avoir fait un projet utile, qui peut aider les gens », témoigne Cristian, du FabLab Solidaire de Barcelone.

Un modèle qui a prouvé sa pertinence

La Fondation Orange veille à favoriser les rencontres et les échanges et fédère autour des FabLabs Solidaires de nombreuses énergies : associations, initiatives nationales ou locales, Pôle emploi… Le projet collectif de chaque promotion est présenté officiellement à des associations, élus et entreprises locales. Peu à peu, les FabLabs Solidaires ont fait la preuve que le modèle fonctionne. « Désormais, différents acteurs locaux s’approprient ce modèle et s’y impliquent, proposent des projets ou des partenariats », se réjouit Séverine Ozanne.

Les grands gagnants du programme ? Ce sont les jeunes participants transformés par la formation. Certains ont trouvé leur voie et ont une envie – travailler dans la médiation, la création, etc. – voire un vrai projet professionnel.

Francky, du FabLab Solidaire de Madagascar, était en décrochage scolaire. Après 4 mois de formation au FabLab, il est devenu à son tour formateur. « Le FabLab m’a permis de développer ce que je n’avais pas su faire avant, comme développer du lien social », explique-t-il.

Enfin, si certains trouvent rapidement un emploi, d’autres décident de reprendre des études. C’est le cas d’Ana à Madrid. « Lorsque j’ai découvert le FabLab Solidaire, je venais de terminer le lycée avec des difficultés et je n’étais pas sûre de mon avenir. Aujourd’hui, après la formation, je suis en train de suivre une formation professionnelle en micro-informatique que je combine avec un travail de téléopérateur l’après-midi ». Autant de parcours différents, qui sont autant de réussites !