Pourquoi les données téléphoniques sont-elles précieuses pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 ?

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, les données sont au cœur de la lutte contre le virus par les États. En Europe, le commissaire européen chargé du marché intérieur Thierry Breton, mais également la recherche scientifique, ont fait appel aux opérateurs télécom afin qu’ils participent à l’effort. Ces données sont un outil précieux pour anticiper la propagation de la maladie. En France, Orange s’est très tôt mobilisé pour soutenir la recherche médicale, dans le respect le plus absolu de la vie privée de ses clients et utilisateurs.

Pourquoi les données téléphoniques sont-elles précieuses pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 ?

La data : pour quoi faire ?

Une donnée n’a de valeur que si elle peut être comparée, associée, agglomérée à d’autres. L’intérêt majeur des données de télécommunication et notamment les données de déplacement des populations, est de permettre d’établir des statistiques d’autant plus précises que votre mobile vous accompagne partout. Quel pourcentage de la population a quitté les grandes villes avant le confinement ? Où cette population s’est-elle ensuite répartie sur le territoire ? Toutes ces informations sont précieuses pour la science et c’est pourquoi nos chercheurs travaillent étroitement avec les chercheurs de l’Inserm sur des modèles mathématiques pour anticiper les évolutions d’une épidémie à partir de données statistiques et démographiques les plus précises et « temps réel » possibles.

Ces statistiques intéressent aussi les autorités, qui déploient les moyens médicaux sur l’ensemble du territoire. Si nous les informons que 17 %, soit 1,2 million des habitants d’Île-de-France, ont quitté la région dans les jours qui ont précédé et suivi le début du confinement, alors que l’Yonne en a gagné 10 %, nous les aidons à mieux calibrer le dispositif hospitalier ou à anticiper les livraisons de matériel médical. Nous pouvons également leur indiquer si les mesures sanitaires de confinement ont été bien suivies globalement par la population, et pas par un individu en particulier, pour qu’elles ajustent si besoin les mesures sanitaires.

Comment ça marche ?

Notre objectif est de parvenir à établir des outils statistiques utiles dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Et pour cela, nous tirons parti de l’outil Flux vision, fruit d’une dizaine d’années de R&D chez Orange et construit en conformité avec les critères établis par la CNIL.

Les informations de connexion de nos clients, mais aussi des touristes qui utilisent notre réseau, sont reçues et agrégées en temps réel à l’échelle d’une antenne relais. Elles ne sont jamais stockées. Nous ne conservons que les totaux, calculés à la volée. Il n’y a donc aucun risque qu’elles soient utilisées.

Ces premiers résultats sont ensuite redressés grâce à des outils statistiques classiques qui permettent de réaliser des projections. Cela signifie qu’à partir de l’échantillon de 27 millions d’appareils connectés à notre réseau, nous sommes en mesure d’établir par extrapolation le comportement de la population dans son ensemble, dont leurs déplacements d‘une région à l’autre. Ce sont ces informations que nous transmettons alors à des acteurs publics comme l’Inserm, des préfectures et des autorités sanitaires.

Et demain, des applications individuelles ?

Certains États ont choisi d’utiliser des applications mobiles et les données des utilisateurs sans recueillir leur consentement. C’est le cas à Taïwan où un tel dispositif alerte les autorités si une personne en quarantaine se déplace hors de chez elle. Ce type de pratique est questionnable au regard des réglementations française et européenne sur la protection des données personnelles (RGPD).

D’autres États en revanche ont pris la décision d’autoriser le lancement d’applications de prévention individuelle basées sur le volontariat. C’est le cas de la Singapour ou de la Corée du sud, notamment. L’application détecte, via Bluetooth, la proximité d’autres personnes utilisant la même application. Un utilisateur qui serait testé positif l’indique à son application. Cette information est propagée vers les personnes qu’il a croisées, afin qu’elles sachent qu’elles ont été exposées à un risque de contagion. Un outil particulièrement utile pendant la période de fin de confinement, pour éviter que l’épidémie ne redémarre.

En France, plus d’un million de personnes ont déjà téléchargé l’application StopCovid, disponible depuis le 2 juin. La CNIL s’était au préalable prononcée favorablement et sa mise en œuvre a fait l’objet d’un vote du Parlement. Pour en savoir plus sur le fonctionnement de l’application, découvrez l’article publié dans le site Bien vivre le digital.