Hyperconnexion : comment trouver le juste équilibre numérique ?

Le besoin de détox numérique est devenu une évidence dans la vie personnelle comme professionnelle de la plupart d’entre nous. Pourquoi ? Parce que 15 à 20 % des utilisateurs du numérique estiment avoir des usages excessifs et que plus des deux tiers voire des trois quarts de ces personnes affichent un réel souhait de déconnexion*. Alors, où en sommes-nous dans notre relation avec nos chers écrans ? À la maison, en mobilité comme au bureau, quelle est notre niveau de dépendance? Enfin quelles résolutions prendre pour trouver un meilleur équilibre de vie ?

Le numérique & moi : je t’aime, moi non plus

Orange a conduit avec Opinionway une étude internationale sur les usages digitaux au printemps 2019* qui nous éclaire sur la relation que nous entretenons avec le numérique et plus particulièrement notre smartphone.

  • Une relation intense : entre 20 et 42 % des utilisateurs déclarent jeter un œil à leur smartphone plusieurs fois par heure.
  • Une relation aussi bien fonctionnelle qu’émotionnelle : nous regardons notre smartphone dès le lever et nous nous sentons perdus sans lui.
  • Une relation de dépendance consciente : plus des deux tiers des personnes interrogées avouent éprouver un vrai sentiment de dépendance – à l’exception des habitants de l’Afrique subsaharienne. La plupart d’entre elles sont également conscientes des effets négatifs de cet état de connexion permanente : paresse intellectuelle, fatigue, irritabilité, improductivité, baisse d’attention, risque d’addiction…

Conséquences : plus de 80 % des interrogés éprouvent le besoin de déconnecter des outils numériques. La majeure partie d’entre eux y arrivent.
Une exception à noter : 15 à 20 % des sondés en France et au Royaume-Uni estiment ne pas en avoir besoin.

La déconnexion côté pro : un besoin… et parfois un droit

L’étude montre également que 40 à 60 % des utilisateurs du numérique se connectent à leurs e-mails professionnels ou à un serveur pro en dehors de leur lieu de travail*. Ils sont le même nombre à percevoir les bénéfices de cette possibilité donnée par les usages digitaux. Cette hyperconnexion présente de vrais avantages en termes de flexibilité des horaires et lieux de travail, dans le cadre du télétravail en particulier. Elle peut néanmoins ouvrir la voie à certains abus comme des e-mails pendant les vacances, des messages instantanés à toute heure, etc. Les collaborateurs peuvent se sentir rapidement sursollicités, sous pression et en quête de performance permanente.

C’est en ce sens que la France a été le premier pays à légiférer pour faire de la déconnexion un véritable droit dès 2016 (loi El Khomri du 8 août 2016). Les entreprises de plus de 50 salariés doivent ainsi mener des négociations sur le droit à la déconnexion en vue d’un accord et d’une charte le cas échéant.
Dans d’autres pays, certaines réflexions ou négociations sont en cours. Toutefois en dehors de l’Hexagone, les initiatives pour encourager la déconnexion relèvent davantage des entreprises elles-mêmes, que des pays.

Que puis-je faire dans ma vie quotidienne pour trouver un meilleur équilibre ?

  • Prenez conscience de votre relation aux écrans et notamment à votre smartphone : pourquoi ne pas utiliser dans ce but les applications qui monitorent le temps passé sur vos écrans ? Un usager du digital sur 5 en utilise déjà une*.
  • Établissez des règles : pas d’ordinateur en vacances ou le week-end, le smartphone reste dans le salon, pas d’écran après 22h… À vous d’instaurer vos propres règles.
  • Embarquez vos proches dans l’aventure : vous avez des enfants ? Établissez des règles familiales : tout le monde, et particulièrement les plus jeunes, en ont besoin. Si vous êtes célibataire, embarquez vos meilleurs amis. Ils vous remercieront !
  • Mettez en place des garde-fous automatiques : coupure du Wi-Fi à 23h le soir, switch de votre smartphone en mode avion ou nuit, application coupant l’accès aux réseaux sociaux pendant les heures de travail… De nombreuses possibilités d’automatisation existent. Testez celles qui vous seront utiles.
  • Remplacez vos temps d’écran par des moments de détente : un livre que vous vouliez lire depuis des mois, cette recette de cuisine que vous souhaitiez tester, une méditation qui vous relaxerait tant…
  • Suivez vos progrès et récompensez-vous : vous avez tenu vos objectifs ? Vous méritez bien un ou plusieurs épisodes de la série qui vient de sortir ou une partie de jeu vidéo avec vos enfants. Bravo et persévérez !

Entreprises : quelles mesures encourager ?

« On observe des pratiques variées dans différents pays », explique Jérôme Goulard, Directeur RSE Diversité et Ethique chez Orange Business Services. « Comme mettre en attente les messages aux heures non-ouvrables, déconnecter les serveurs pendant la nuit et les week-ends, afficher une pop-up quand on utilise les outils de l’entreprise à des heures non habituelles… Nous avons peu de recul sur l’utilité de ces mesures à ce jour ».

En France, de par la loi, des accords sont signés dans les entreprises. Par exemple, l’accord signé chez Enedis en 2018 a instauré une démarche pour une connexion maîtrisée qui se traduit par la reconnaissance du droit à ne pas être joignable et la mise en place d’un outil de régulation des outils numériques professionnels, notamment pour l’envoi et la réception d’e-mails.
Ce droit à la déconnexion reste néanmoins difficile à appliquer : selon un sondage Opinionway réalisé en 2018, 23 % des entreprises françaises ont créé une charte de bonne pratique des mails et seulement 16 % ont créé des règles de déconnexion.

Avant de prendre des mesures techniques contraignantes, il est essentiel d’accompagner le changement de culture et l’adaptation des habitudes de travail afin d‘agir sur les comportements
Jérôme Goulard, Directeur RSE Diversité et Ethique chez Orange Business Services.

« Avant de prendre des mesures techniques contraignantes, il est essentiel d’accompagner le changement de culture et l’adaptation des habitudes de travail afin d'agir sur les comportements », détaille Jérôme Goulard. « Tout d’abord, parce que les mesures adéquates doivent être adaptées aux métiers, à l’activité, à la localisation des collaborateurs, à la culture de l’entreprise. Puis, parce que certaines barrières techniques érigées peuvent s’avérer contre-productives : par exemple, déconnecter des serveurs quand on a des implantations partout dans le monde et que les équipes composent avec les décalages horaires pour collaborer n’est pas forcément judicieux. »

Droit à la déconnexion chez Orange

Chez Orange, nous avons négocié en France et à l’international des accords sur l’égalité professionnelle et l’équilibre vie pro et vie perso qui affirment ce droit à la déconnexion. Ils précisent notamment qu’aucun salarié ne peut être sanctionné pour ne pas avoir répondu à ses messages en dehors de ses horaires de travail. Ils soulignent également le nécessaire rôle d’exemplarité du management.

* Étude « Observatoire des usages digitaux » par Orange – Opinionway au printemps 2019 conduite dans 9 pays sur 4 continents : France, Royaume-Uni, Espagne, États-Unis, Corée du Sud, Égypte, Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire