Les opérateurs télécoms s’engagent aussi dans la bataille pour le climat

Depuis plusieurs années, nous nous engageons dans un usage responsable des nouvelles technologies, dans un secteur où la consommation d’énergie s’accroît de façon exponentielle.
Pour enrayer cette situation, l’implication de tous les opérateurs télécoms dans l’effort vers la transition énergétique est primordiale. Des initiatives responsables qui, pour porter leurs fruits, doivent s’ajouter à l’action des citoyens, mais aussi aux décisions politiques, dans une démarche d’effort collectif.

Chantal Dubon-Chevallier, Directrice Market Information chez Orange (Technology and Global Innovation), nous apporte son éclairage sur les démarches responsables dans le monde des télécommunications.

Depuis quelques années on observe une vraie tendance, qui semble aller au-delà du simple « green washing », longtemps contesté. Qu’est ce qui a concrètement changé dans l’approche du sujet de la part des opérateurs ? À quoi correspond cette prise de conscience collective selon vous ?

Les catastrophes écologiques sont de plus en plus présentes dans l’actualité. Face à cette urgence, les citoyens se déclarent prêts à changer leurs pratiques de consommation, mais ils pensent aussi que tous les acteurs doivent s’investir, et en particulier les entreprises. Les opérateurs télécoms ont répondu à cette attente en renforçant leurs stratégies RSE, structurées pour beaucoup d’entre eux autour du caractère universel des Objectifs du Développement Durable définis par l’ONU. Mais désormais, les opérateurs télécoms vont plus loin, en intégrant les actions pour la transition écologique dans leur stratégie d’entreprise. C’est ce qu’exprime très clairement Shameel Aziz Joosub, CEO de Vodacom : « Nous ne considérons pas le développement durable comme un élément distinct de notre activité principale, au contraire, nous continuons à créer de la valeur dans notre entreprise en l’utilisant comme un objectif permettant d’identifier les risques et les opportunités qui affectent notre capacité à continuer à ajouter de la valeur à nos parties prenantes et à atteindre notre objectif. »

Comment agissent de manière concrète ces entreprises en Europe ou aux États-Unis pour réduire leur empreinte carbone et leur consommation d’énergie ?

Partout dans le monde les opérateurs agissent pour réduire la consommation énergétique de leur réseau, de manière parfois radicale comme Tele2 en Suède qui éteint les amplificateurs des stations de base 4G non utilisées. Une autre priorité consiste à optimiser le système de refroidissement des serveurs. Mais l’optimisation énergétique passe aussi par des bâtiments respectueux de l’environnement, comme le siège social de Telenor Pakistan. L’utilisation des énergies renouvelables se développe aussi très vite, dans la foulée des précurseurs comme KPN. Certains opérateurs vont même jusqu’à produire leur propre énergie verte, comme Telstra en Australie avec des fermes solaires ou AT&T avec des champs d’éoliennes. Mais pour l’essentiel, la solution consiste à s’engager sur des achats d’énergie renouvelable.

Au-delà de leurs initiatives en interne, quels moyens, quels leviers déploient les opérateurs pour sensibiliser leurs propres clients ? Comment ces stratégies peuvent-elle s’inscrire dans la durée ?

Les opérateurs multiplient les initiatives pour accompagner les consommateurs dans la transition écologique. Ils les incitent par exemple au recyclage des smartphones en utilisant plusieurs leviers. Le premier levier est celui de la récompense, avec des cadeaux ou des bons d’achat, en simplifiant au maximum la procédure pour le consommateur. Les opérateurs télécoms agissent ensuite pour valoriser l’achat de smartphones d’occasion reconditionnés. Une autre tendance qui se développe est celle de la réparabilité, que ce soit via des espaces dédiés comme le propose Swisscom avec ses « Repair Centers » ou par la commercialisation des Fairphones.

Enfin, les opérateurs intègrent la transition écologique dans la conception même de leurs offres et services, comme par exemple avec leurs offres smartHome qui permettent de réduire la consommation énergétique des foyers. Une autre illustration très emblématique est la transformation de Deutsche Telekom en Allemagne en opérateur d’infrastructure de bornes de rechargement  électrique avec son offre « Get charge », exploitant son infrastructure télécom.

Pouvez-vous nous donner un exemple d’initiative qui vous a marqué ?

J’aimerais citer deux initiatives particulièrement intéressantes. La première aux Pays-Bas avec T-Mobile qui a tout simplement intégré le recyclage du smartphone dans son offre  « Recycle Deal ». En contrepartie de mensualités moins élevées, le client s’engage dès l’acquisition du mobile à le restituer à la fin du contrat pour qu’il soit recyclé ou réutilisé, et s’il ne respecte pas cette clause il devra payer un montant significatif. Une autre initiative intéressante est celle de Spark en Nouvelle-Zélande avec son offre Broadband Unplan, dont la tarification s’adapte à la consommation réelle du client, une incitation à éviter toute consommation inutile.

Il existe des initiatives qui s’inscrivent dans des plans stratégiques et, en parallèle, des campagnes de sensibilisation qui se multiplient pour interpeler les citoyens… Marteler les bons usages régulièrement, est-ce une stratégie payante ?

Chantal Dubon-Chevallier
La nécessité de la transition écologique apparaît désormais comme une évidence. La prise de conscience est là. Il reste maintenant à ce que les actes soient en lien avec les paroles, et c’est vrai pour tous, citoyens comme entreprises.
Chantal Dubon-Chevallier, Directrice Market Information chez Orange (Technology and Global Innovation)

Le fait que certaines entreprises comme Deutsche Telekom affichent ouvertement leur ambition dans la protection du climat est une bonne nouvelle.

Chez Orange, au-delà de nos actions pour réduire notre empreinte carbone, nous nous engageons également à accompagner nos clients dans l’ensemble des pays où nous sommes présent, en les sensibilisant aux réflexes citoyens.

Empreinte carbone, infographie

La transition écologique, c’est l’affaire de chacun. Pour préserver notre planète, chaque geste compte.