22 juillet 2020

Inclusion financière : un pas de plus avec Orange Bank Africa

Du mobile money au mobile banking, Orange saute le pas en Afrique de l’Ouest. Douze ans après Orange Money, notre service de transfert et de paiement mobile, nous lançons Orange Bank Africa dirigée par Jean-Louis Menann-Kouame, une banque 100 % mobile et digitale, en Côte d’Ivoire. Un projet d’inclusion bancaire et financière ambitieux que nous dévoile Patrick Roussel, Directeur des Services Financiers Mobiles sur la zone MEA.

 

Comment est née Orange Bank Africa ?

Patrick Roussel – Orange Bank Africa est d’abord née d’un constat. En Afrique, la majorité de la population tire ses revenus du secteur informel. Sans contrat de travail et parfois sans pièce d’identité, elle ne peut ouvrir de compte en banque. Cette réalité est d’ailleurs à l’origine de la création d’Orange Money en 2008, un service de transfert et de paiement qui permet à des millions de personnes exclues du système bancaire traditionnel d’effectuer des transactions financières de manière instantanée, fiable et sécurisée. Aujourd’hui, nous souhaitons étendre notre offre et proposer des services bancaires à part entière et 100 % digitaux à tous les clients grand public issus du mobile money, et bien sûr qui remplissent les conditions d’éligibilité adéquates. 

 

Vous avez donc décidé de capitaliser sur le succès d’Orange Money ?

P. R. – En effet. Orange Money nous a permis d’analyser, ces 12 dernières années, les comportements financiers sur le continent africain. L’expérience acquise sur le terrain a confirmé une réelle demande d’un système bancaire innovant et adapté à la réalité des usagers.

Orange Money, c’est près de 20 millions de clients actifs, près de 400 millions d’euros de dépôts et un taux de croissance annuelle de 16 %. Les pays d’Afrique de l’Ouest où nous avons le plus fort ancrage – Sénégal, Mali, Burkina Faso et Côte d’Ivoire – représentent une formidable opportunité de déploiement. En complément de l’offre d’Orange Money, Orange Bank Africa proposera aux clients, déjà utilisateurs d’Orange Money, une offre d’épargne et de crédit.

 

Quelle est la place de la banque mobile en Afrique ? Quels services bancaires allez-vous proposer pour vous différencier ?

P. R. – Les quelques banques dites mobiles, correspondent généralement à des applications mobiles de grandes banques traditionnelles. Le modèle que nous développons, en revanche, est inversé puisque nous ne sommes ni une néo-banque à la recherche de nouveaux clients, ni une banque traditionnelle avec un réseau d’agences. Nous étendons le panel de services d’une offre déjà 100 % digitale et mobile.

Dès la souscription, les démarches se font entièrement sur mobile ou en mode USSD. Tout est automatisé, on peut devenir client Orange Bank Africa en quelques secondes. Les données  d’Orange Money nous permet de sélectionner des clients fiables, aux revenus suffisamment réguliers pour que le risque soit acceptable pour la banque.

Bien sûr, l’offre d’Orange Bank Africa est également disponible pour les clients qui ne seraient pas déjà clients Orange Money, au travers de l’application Orange Bank, et s’ils résident à Abidjan en se rendant à l’agence du siège social.

 

 

 

Notre connaissance du terrain, couplée à notre savoir-faire technologique, nous permet de déployer des services sur-mesure.
Notre offre de crédit est disponible à partir de 5 000 FCFA et sera plafonnée à 500 000 Francs CFA (environ 760 euros).
Le prêt moyen est d’environ 35 000 FCFA, remboursé sous 1 à 3 mois, durée correspondant aux cycles de revenus (saisonniers et parfois irréguliers) de nos clients.

 

 

Orange Bank Africa, c’est aussi le fruit d’une collaboration avec NSIA. Pourriez-vous nous en dire plus ?

P. R. – Ce projet a pu voir le jour grâce à notre partenariat actionnarial avec le banquier-assureur ivoirien NSIA, l’un des leaders du marché en Afrique de l’Ouest. NSIA banque est une banque à l’origine plus classique, tournée vers le marché entreprises,  qui souhaitait tirer profit de la digitalisation des services financiers pour davantage couvrir la clientèle des particuliers. Et pour cela, elle était prête à investir avec nous dans un projet d’inclusion bancaire. Un pari gagnant sur le moyen-long terme ! Notre collaboration a été extrêmement fructueuse. NSIA nous a particulièrement aidés dans la préparation des dossiers réglementaires et a contribué à l’obtention de l’agrément de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

 

Quel est le calendrier de déploiement d’Orange Bank Africa ?

P. R. – Nous faisons un premier lancement commercial en Côte d’Ivoire, lieu du siège social, avant d’ouvrir nos succursales au Sénégal, au Mali et au Burkina Faso, sous réserve de l’autorisation de la BCEAO, le régulateur bancaire de la région UEMOA. Pour ces pays, le calendrier dépendra du rythme d’obtention des autorisations d’ouvertures de succursales.

 

Quels sont vos objectifs ?

P. R. – Nous voulons réussir notre déploiement dans les quatre pays visés (Sénégal, Mali, Burkina Faso et Côte d’Ivoire), atteindre 10 millions clients et 100 millions d’euros de produit net bancaire d’ici 5 ans. C’est très ambitieux. Le cycle de rentabilité d’une banque est long, il faut compter dix ans environ. A terme, nous n’excluons pas d’ouvrir Orange Bank Africa à d’autres catégories de clients, comme la clientèle professionnelle ou des PME.

 

 

Jean-Louis Menann-Kouamé

Directeur Général d’Orange Bank Africa

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