Retrouvons confiance en l’innovation numérique

 

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Tribune

Michaël Trabbia
Chief Technology and Innovation Officer du groupe Orange 

 

À l’heure du défi climatique et d’une crise de confiance globale, la technologie, à l’instar des institutions et des entreprises, est la cible d’une forme de défiance. On la dit inutile, polluante, peu soucieuse de nos données personnelles… Comment alors Orange peut-il être fidèle à sa raison d’être et à son ADN d’opérateur de confiance, en donnant chacune et à chacun les clés d’un monde numérique responsable ? Comment faire en sorte que l’innovation soit une source de progrès pour tous ?

J’ai deux convictions en matière d’innovation. La première est que l’innovation est une nécessité pour répondre aux grands défis actuels et à venir. Nous vivons une véritable crise systémique que personne ne peut ignorer. Plus que jamais, nous avons besoin d’innover pour faire évoluer notre société, nos modèles économiques et nos usages, afin de les décarboner massivement. Ma seconde conviction, c’est que nous devons repenser la manière dont nous innovons, et surtout l’intention avec laquelle nous innovons. Notre innovation doit être tournée dès sa conception vers une innovation à impact positif, pour nos clients bien entendu, car une innovation qui n’est pas utilisée n’a aucun impact, mais aussi pour la société et en particulier pour l’environnement.

Naturellement, nous devons être au rendez-vous de notre objectif de neutralité carbone en 2040, avec une priorité toute particulière pour augmenter la durée de vie et réduire la fabrication des équipements électroniques, qui sont responsables de la grande majorité de l’empreinte environnementale du numérique, alors qu’à l’inverse, le trafic Internet joue peu sur nos émissions. Mais surtout, nous pouvons et nous devons développer un véritable numérique des solutions, pour contribuer à réduire les émissions de CO₂ des autres secteurs économiques.

Hors production d’énergie primaire, les transports, l’industrie et le bâtiment sont les secteurs qui génèrent le plus d’émissions de gaz à effet de serre. Le numérique peut les aider très concrètement à diminuer leur empreinte carbone. Aujourd’hui, les outils numériques nous permettent de limiter nos déplacements, notamment professionnels. C’est la même chose pour la logistique ou pour les transports en commun, dont les parcours peuvent être optimisés grâce à une connaissance précise des besoins en temps réel. L’usine du futur sera également plus efficace et plus proche des lieux de consommation. La supervision en temps réel des chaînes de production par des outils de « computer vision » (caméras connectées à des algorithmes d’intelligence artificielle hébergés localement) permettra de réduire les défauts de production et d’améliorer la sécurité des travailleurs. Quant aux bâtiments, la mise en place de solutions de « smart building » peut faire diminuer de 20 à 30 % la consommation énergétique sans travaux de rénovation lourds.

Encore plus fondamental, nous avons besoin du numérique pour transformer nos modèles économiques en modèles économiques bas carbone, en passant d’une économie de la possession à une économie de l’usage et en réduisant le gaspillage, afin de diminuer drastiquement les volumes de production. C’est ce qu’ont commencé de nombreuses plateformes numériques, comme BlablaCar, LeBonCoin, TooGoodToGo ou Vinted en France, et d’autres ailleurs dans le monde. Vous en découvrirez d’ailleurs quelques-unes, qu’Orange accompagne, dans ce magazine. Nous devons développer nos services en prenant en compte dès leurs créations leur impact environnemental, positif comme négatif, sur l’ensemble de leur cycle de vie. C’est d’ailleurs le sens de notre démarche. Le Groupe s’est engagé à ce que l’ensemble des produits et services Orange soient éco-conçus d’ici 2025.

 


 

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