22 septembre 2020

Agir pour le climat : les opérateurs télécoms s’engagent-ils assez ?

Dans le contexte de crise mondiale actuelle, le numérique se révèle une des réponses pour contribuer à la reprise économique et à la cohésion sociale. Devant l’urgence climatique, les initiatives pour réduire l’empreinte carbone de ce formidable outil ne doivent pas pour autant être placées au second plan, loin de là.
Performance énergétique des réseaux et des data centers, recours aux énergies bas carbone, éco-conception et recyclage des appareils, innovations...
Tour d’horizon des actions les plus marquantes mises en place par les opérateurs télécoms à travers la planète.

 

 

Chaque année, le Carbon Disclosure Project (CDP), qui fait autorité au niveau mondial, évalue les performances des grandes entreprises relatives à leurs actions en faveur du climat et à la transparence de leur communication.
En 2019, seules 2% des 8 400 entreprises évaluées dans le monde ont obtenu la meilleure note au classement CDP : A . Quelques opérateurs de télécommunications en font partie, dont Orange, BT Group, Deutsche Telekom et Telefónica (sur la cinquantaine d’entreprises membres de la GSMA - l’association qui regroupe les principaux opérateurs mondiaux - qui se sont engagées à être auditées chaque année par le CDP).

En parallèle, l'indice de durabilité Dow Jones (DJSI, Dow Jones Sustainability Index ) classe les entreprises en fonction de leurs engagements pour l’économie, l’environnement et le social.
En analysant les solutions mises en place par les opérateurs télécoms les plus avancés, certaines initiatives particulièrement marquantes sont mises en lumière et quatre grandes tendances se dégagent.

 

 

 

Priorité aux énergies renouvelables pour alimenter les réseaux

Le numérique ne représente que 3,5 % des émissions de CO2 mondiales – hors déforestation et changement d’affectation des sols*.
Malgré cela, la prise de conscience des opérateurs télécoms est réelle pour réduire l’impact environnemental de leurs réseaux, de leurs centres de données et de leurs installations techniques.

* d’après The Energy and Carbon Footprint of the Global ICT and E&M Sectors, J. Malmodin & D. Lundén (2018), Information and Communications Technologies for Sustainability et IAE CO2 emission statistics

Depuis plusieurs années, bon nombre d’opérateurs se sont massivement tournés vers les énergies renouvelables.
Différentes approches coexistent :

  • les certificats de garantie d’origine qui prouvent que l’électricité fournie à l’opérateur télécom a été produite par une source d’énergie renouvelable ;
  • les contrats d’achat d’électricité à long terme (ou PPA) qui sont signés directement entre un opérateur télécom et un producteur d'énergie renouvelable. Les 6 plus importants contrats de ce type signés en 2019 l’ont été par des entreprises du secteur ;
  • l’autoconsommation qui permet aux opérateurs télécoms de consommer l’électricité qu’ils produisent eux-mêmes (par le biais de fermes solaires par exemple).

 

 

En matière d’énergies renouvelables, KPN fait partie des pionniers. Sur le podium du classement DJSI depuis 3 ans, l’opérateur néerlandais utilise un mix énergétique 100% renouvelable depuis 2013. BT et Telefónica sont également à la pointe : l’opérateur britannique approche en 2020 des 100% d'électricité d'origine renouvelable et l’opérateur espagnol projette d’atteindre les 85% d'ici à 2025.

D’autres initiatives profitent des facilités offertes localement, comme par exemple les conditions climatiques et géographiques. En Suisse, plus de la moitié de la consommation électrique de Swisscom est d’origine hydraulique.
En Thaïlande, True mise sur les systèmes solaires photovoltaïques pour alimenter ses stations de base.

Chez Orange Jordanie, des fermes solaires produisent l’équivalent d’environ 70 % des besoins en électricité .
Trois contrats d’achat d’électricité d’origine éolienne ou solaire ont également été signés par le Groupe récemment : en France, en Espagne et en Pologne.

Au niveau mondial, d’ici 5 ans, les énergies renouvelables représenteront plus de 50 % du mix électrique du Groupe (contre 26 % aujourd’hui).

 

 

 

Améliorer la performance énergétique des réseaux et centres de données

Au-delà de leur engagement sur le mix énergétique, les opérateurs télécoms travaillent à réduire la consommation de leurs installations.
Pour offrir toujours plus de services à leurs clients tout en consommant moins, une constante se dégage en tête du classement DJSI : le recours à des programmes d’efficacité énergétique ayant recours à de multiples innovations.

 

 

Certaines avancées technologiques ont un impact significatif. Dans ses data centers au Portugal, Vodafone économise 35 MWh par an grâce à ses systèmes de refroidissement adiabatiques (sans échange de chaleur).
D’autres solutions apportent des bénéfices plus modestes, comme celle de Tele2 en Suède, qui éteint les amplificateurs de puissance de ses stations pendant les périodes de moindre activité (2,3 MWh économisés).

Chez Orange, environ 80 % de la consommation énergétique vient des réseaux.
En 2025, le Groupe a pour objectif d’avoir réduit de 30 % ses émissions de CO2 par rapport à 2015 (scopes 1 et 2), notamment grâce au renouvellement et à l’amplification de son programme Green ITN d’amélioration des performances énergétiques.
Ce programme a permis à Orange d’éviter l’émission de 3,5 millions de tonnes de CO2, entre 2010 et 2019 dans ses réseaux et le système d’information (SI).

 

 

 

En interne, décarboner les flottes et les bâtiments

Les opérateurs multiplient également les initiatives pour baisser leur consommation interne.

 

 

En la matière, le recours aux flottes de véhicules électriques est un incontournable.

Orange a ainsi mis en œuvre la plus grande flotte d’entreprise en auto-partage en Europe et s’équipe en voitures électrifiées, avec une cible de 7 000 véhicules électrifiés en 2025.

 

 

 

Pour les clients, inciter à recycler smartphones et appareils électroniques

Selon l’Alliance française des industries du numérique, 88 % des Français changent leur smartphone alors qu’il fonctionne encore, mais seuls 15 % des anciens téléphones sont collectés.

 

 

Les opérateurs ont aussi un rôle à jouer en matière de pédagogie, en incitant leurs clients à adopter un usage responsable du numérique et à recycler leurs appareils par exemple.

Aux Pays-Bas, l’opérateur T-Mobile a lancé une offre commerciale intégrant le recyclage du téléphone mobile en contrepartie de mensualités moins élevées.
En Belgique, Proximus recycle les smartphones et offre aux écoles des appareils remis à neuf.

Chez Orange, l’initiative de collecte dans les boutiques participe à un programme de solidarité en France et en Afrique mis en place avec Emmaüs International.
En amont, le Groupe mise sur l’écoconception des équipements de marque Orange, en particulier les box et décodeurs qui seront écoconçus à 100 % en 2025.

Dans leur ensemble, les télécoms font donc partie des secteurs à la pointe de la transformation énergétique. Le dernier rapport sur les Objectifs de Développement Durable de la GSMA annonçait un engagement fort : que tous ses membres atteignent le « Net Zéro Carbone » en 2050. Un virage ambitieux mais réalisable, à condition de récolter l’adhésion de toutes les parties prenantes de l’industrie.

 

 

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