04 mars 2021

La start-up HOJA Taxis trace sa route en pleine pandémie

Une jeune entrepreneure, créatrice d’une appli sur la sécurité des transports en Afrique, un calendrier bouleversé par la pandémie : le moins que l’on puisse dire c’est qu’Ursula Ndombele n’a pas choisi la facilité pour développer sa start-up. Pourtant, toute l’équipe a su faire preuve d’agilité et de résilience pour surmonter les nombreux obstacles qui se dressaient sur la voie de l’entrepreneuriat.

 

Pourriez-vous pitcher HOJA Taxis ? À qui s’adresse-t-elle ?

Ursula NdombeleHOJA Taxis est une application qui sécurise les trajets en taxi à Kinshasa. Un boîtier GPS placé dans le véhicule homologué HOJA assure une traçabilité au propriétaire qui peut suivre les trajets effectués. Pour l’usager, il suffit de scanner le numéro d’identification ou la plaque d’immatriculation pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’une voiture volée et que le chauffeur est bien enregistré. Le chauffeur, quant à lui, peut envoyer une alerte à l’application en cas d’agression par exemple.
Tout le monde est gagnant, y compris les pouvoirs publics qui peuvent ainsi identifier, gérer et contrôler les flux de transports en commun dans leur ville.

 

Comment est née l’idée ? 

U. N. – L’idée est née lors d’un séjour en République démocratique du Congo. Prendre un taxi à Kinshasa est souvent synonyme d’insécurité avec les vols, les enlèvements, etc. C’est un risque pris quotidiennement par des milliers d’habitants qui utilisent ce mode de déplacement pour aller travailler ou faire leurs courses. Quand l’une de mes cousines a été enlevée en 2018, j’ai eu un déclic. Il fallait que j’agisse et j’ai profité d’un Startup week-end organisé par l’association La Tech Amiénoise pour monter une équipe. Nous avons d’ailleurs remporté la première place !

 

L'équipe d'Hoja Taxis

 

 

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez fait face ?

U. N. – Plusieurs freins ont mis à rude épreuve notre développement. À commencer par le manque de ressources financières, qui nous a obligé à faire preuve d’imagination pour trouver des solutions à moindre coût. Je me disais toujours « on n’a pas d’argent, mais on a du talent ! » et puis nous avons la chance en France d’avoir un environnement « start-up friendly » qui soutient vraiment les entrepreneurs.
Si la crise de la Covid-19 a mis en pause notre activité et sérieusement remis en question notre projet, cette période a finalement été utile pour nous concentrer sur des tâches que nous mettions de côté depuis longtemps, telles que la mise en ligne de notre site internet. Après ces mois de travail au cours desquels le temps nous a paru parfois très long, nous avons finalement signé un partenariat avec la municipalité de Kinshasa au cours de l’été 2020.

 

 

Nous avons la chance en France d’avoir un environnement « start-up friendly » qui soutient vraiment les entrepreneurs.

Ursula Ndombele, fondatrice d'Hoja Taxis
Ursula Ndombele

 

 

Comment Orange vous a accompagné ?

U. N. – Après le Startup week-end, le plus dur a été de donner corps à HOJA Taxis. Notre objectif était de concevoir une solution simple, efficace et surtout à moindre coût pour ne pas alourdir la facture de l’usager. C’est là où l’accompagnement d’Orange a pris tout son sens.
L’appui du Groupe a été précieux car en plus de rendre l’application disponible même quand le débit est faible, l’équipe technique et commerciale qui nous suivait nous a fait grandir très vite en exigeant de notre part beaucoup de professionnalisme.

 

Quelles sont les prochaines étapes ?

U. N. – Maintenant lancée, l’application va être prochainement déployée aux 60 000 taxis que compte Kinshasa. La fonctionnalité de réservation à l’avance d’un véhicule depuis l’application est en cours de développement. Plusieurs mégapoles africaines comme Dakar et Lagos sont d’ailleurs intéressées.
Nous aimerions également enrichir la flotte de véhicules électriques. Nous sommes confiants car nous recevons des messages d’encouragement et de remerciement de personnes qui ne sont pas encore inscrites mais qui saluent l’initiative.

 

Quels enseignements tirez-vous de cette aventure entrepreneuriale ?

U. N. – L’un des avantages d’être une start-up, c’est d’évoluer dans un monde numérique, ce qui s’est révélé être un atout dans le contexte de confinement et de distanciation sociale que nous avons connu. Nous avons aussi fait preuve de suffisamment d’agilité pour contourner les problèmes que nous avons rencontrés.
Autant de péripéties qui ont au final forgé le caractère de l’équipe et renforcé notre motivation. À tous les entrepreneurs qui se lancent et particulièrement aux femmes, je leur dirais que c’est parce qu’on s’est dit qu’on allait réussir que cela a marché, et qu’il faut savoir dépasser ses doutes.
Les freins les plus importants à lever, ce sont ceux que nous nous imposons à nous-mêmes.