15 avril 2021

On ne pourra pas sortir de la crise sans coopération ni solidarité internationales

À crise mondiale, réponse mondiale ? C’est la conduite que préconise le Global Compact des Nations unies, une organisation qui réunit 13 000 entreprises autour d’un même engagement : contribuer à une société plus stable, plus inclusive et plus durable.
Fella Imalhayene, Déléguée générale du Global Compact France, nous apporte son regard sur les enseignements de l’année écoulée à l’aune de l’Agenda 2030.

 

La coopération internationale et le dialogue inter-acteurs, condition sine qua non d’une réponse efficace aux crises

La pandémie de Covid-19 nous a fait prendre énormément de retard sur l’Agenda 2030, tant en matière de santé et de bien-être, que dans la poursuite d’une éducation de qualité tout au long de la vie. Il en est de même pour l’égalité femme-homme : de nombreuses activités dans les services et l’économie informelle gérées par des femmes ont été mises à l’arrêt, avec pour conséquence directe une très forte paupérisation de cette population.
Outre la santé, la crise se répercute sur tous les objectifs. Tout est lié : on se rend compte qu’on ne peut pas régler isolément la question du changement climatique ou de la perte de la biodiversité par exemple. Ces enjeux forment un ensemble cohérent qu’il faut faire progresser en même temps. 

Pourtant, depuis les débuts de la crise, les velléités souverainistes occupent les devants de la scène. Chacun cherche à déresponsabiliser son pays et à sur-responsabiliser les autres.
Aux États-Unis, la première réaction a ainsi été de couper les vivres à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La méthode est contre-productive : la pandémie, mondiale, n’offre aucune véritable possibilité de repli. Elle souligne à l’inverse notre interconnexion et les besoins de coordination entre les États mais également entre les entreprises, les associations, les acteurs de la société civile, dans une articulation entre mondialisation et échelons national et local.
Pour faciliter cette collaboration internationale, António Guterres, le secrétaire général de l’ONU a lancé un appel aux entreprises. Mille d’entre elles lui ont répondu dans une tribune de soutien, incitant les États à plus de coopération.
Une situation totalement inédite dans le monde multilatéral dans lequel nous vivons : le secteur privé n’avait jusqu’ici jamais été invité à la table des discussions !

 

Responsabilité, durabilité : les clés d’un monde sans crise ?

En France, les petites entreprises qui se sont approprié les ODD ont pris un train d’avance. Mettre en place une stratégie durable implique également une réflexion sur le long terme, qui inclut le risque de crise, qu’elle qu’en soit la nature.
Un atout qui leur permet de traverser cette période avec une meilleure capacité de rebond. D’autant plus qu’elles ont noué des liens forts en interne avec leurs salariés et en externe avec les acteurs de leurs territoires d’implantation, plus enclins à leur apporter leur soutien en cas de besoin.
Nous accompagnons ainsi une petite chaudronnerie dans l’Ariège qui s’investit dans la préservation de la biodiversité. Depuis mars 2020, son carnet de commandes a parfois été suspendu mais jamais annulé. 

En faisant fi des distances, le numérique est également un formidable outil de résilience, qui facilite la mise en commun des connaissances et des données.
Des données essentielles pour nous puisque l’Agenda 2030 impose une manière de penser matricielle qui intègre les différents impacts de chacun.
Nous cherchons ainsi à cartographier plus précisément la progression de chaque objectif afin que les entreprises puissent se positionner par rapport à leur territoire et leur secteur d’activité. Et ce sont les outils numériques qui nous permettent d’appréhender cette complexité du monde. 

 

 

Le Global Compact de l’ONU

Né en 2000, le Global Compact est depuis 2015 plus spécifiquement chargé de faire connaître et de rendre concrets aux yeux des entreprises, les objectifs de développement durable (ODD) inscrits dans l’Agenda 2030. Cette feuille de route détaillée couvre l’ensemble des enjeux qui touchent les populations et la planète.
Les ODD encouragent la coopération et la solidarité internationales à plusieurs égards. Signés par les 193 États membres de l’Organisation des Nations unies (ONU), ils s’inscrivent dans un langage mondial et partagé.
Lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde, promotion de la santé et du bien-être… les objectifs visés sont universels et la coopération entre les acteurs figure comme un moyen de les atteindre (ODD 17).