17 avril 2020

Confinement : passons-nous trop de temps devant les écrans ?

Depuis le début de la crise liée au Coronavirus, des mesures de confinement strictes bouleversent nos habitudes sociales. Travail, divertissement, vie sociale… Avec les obligations de distanciation, toutes nos activités et celles de nos proches se reportent de plus en plus sur les écrans. Faut-il s’en inquiéter ?

 

Depuis le début du confinement, 62% des Français reconnaissent consulter davantage leur smartphone, selon une étude Ifop pour le fabricant chinois de smartphones OPPO. On observe une hausse plus marquée chez les plus jeunes : 75% des 15-24 ans déclarent y consacrer plus de temps, et on n'évoque que le téléphone ! Avant la crise, la discussion était vive autour de la question de la rationalisation de l’utilisation des outils numériques. Il semble que grâce au confinement,  « les écrans ont gagné » pour reprendre le titre d’un article publié dans le New York Times. Faut-il pour autant oublier les réserves émises avant la crise ?

 

Les écrans pour nous aider à rester confinés

Depuis quelque temps, de nombreuses études alimentent le débat sur l’impact du temps d’écran sur notre santé et celle des enfants. Si on en croit cette tribune publiée dans le New York Times par deux experts en la matière, il semblerait que les effets sur la santé seraient en réalité assez limités, en comparaison des risques posés par la pandémie.

Une campagne, lancée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et par de nombreuses compagnies de jeux vidéo, illustre ce point de vue. Cette campagne conjointe étonne car l’industrie des jeux vidéo avait largement condamné la décision de l’OMS en 2018 de reconnaître l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie.

Et pourtant dans le contexte actuel où rester chez soi est essentiel, l’OMS recommande de « jouer ensemble mais à distance » à travers la campagne #PlayApartTogether.

 

N’oublions pas de déconnecter

Pour ceux pour qui le télétravail est possible, le temps d’écran explose aussi. Là, c’est la frontière entre le professionnel et le personnel qui est en jeu. Il est donc essentiel de cloisonner dans le temps sa disponibilité et sa connexion. C’est ce que rappelle la sociologue Caroline Datchary répondant aux lecteurs du Monde. « Il n’y a pas à culpabiliser de se déconnecter du travail en dehors [des] heures ouvrables. Au contraire, en répondant pendant les heures non ouvrables, vous alimentez un flux de communication pour vos collègues. » En dehors de ces heures-là, n’hésitez donc pas à jouer à la console ou à lire un bon livre…