L’Europe face à un tournant spatial
L’Europe a longtemps été pionnière dans les lanceurs et les satellites. Mais en moins de dix ans, le centre de gravité du secteur a basculé. De nouveaux acteurs, comme SpaceX, ont révolutionné l’industrie avec des modèles intégrés et agiles, capables de lancer des constellations de satellites à un rythme inédit. Résultat : l’Europe est aujourd’hui distancée sur les marchés qui dessinent l’avenir. Pour autant, ce décrochage n’est pas une fatalité.
Une souveraineté européenne ouverte et ambitieuse
Nous prônons une conception ouverte et pragmatique de la souveraineté. L’objectif n’est pas pour l’Europe d’interdire les constellations étrangères, mais de se donner l’opportunité de faire émerger sa propre solution, et d’éviter ainsi une situation de monopole de fait et le risque stratégique associé.
Il ne s’agit pas de tourner le dos à la coopération internationale, mais de choisir nos alliances et nos partenaires pour garder la main sur notre destin technologique. Seuls un modèle nativement agile avec des cycles technologiques courts, une allocation stratégique des fréquences et une mobilisation collective permettront d’éviter de nouveaux retards ou dépendances. Le projet IRIS² est stratégique à cet égard, l’Europe se dotera d’ici 2030 d’une constellation souveraine, avec des fréquences réservées et une gouvernance européenne.
Direct-to-Device : la révolution est en marche
L’une des grandes innovations du secteur spatial est la technologie Direct-to-Device (D2D). Elle permet d’envoyer des messages et bientôt de passer des appels via satellite directement depuis un smartphone compatible, même sans couverture mobile.
Nous avons été pionniers en France avec le lancement du service « Message Satellite » en 2025, en partenariat avec Skylo. En Roumanie, nous avons testé avec succès l’envoi de SMS par satellite sur la Via Transilvanica et préparons désormais avec AST SpaceMobile l’expérimentation de services voix et data.
Ces innovations concrétisent notre engagement pour une connectivité accessible à toutes et tous, partout et en toutes circonstances.
Des infrastructures hybrides pour une connectivité résiliente
Pour réussir ce renouveau européen, il est essentiel de penser la connectivité comme un écosystème où chaque technologie – fibre, mobile, sous-marin, satellite – joue un rôle complémentaire. C’est ce mix d’infrastructures, associant la robustesse des réseaux terrestres à la flexibilité du spatial, qui permet de garantir la souveraineté numérique, la résilience et l’accès pour toutes et tous, en toutes circonstances
Chez Orange, nous nous appuyons sur un patrimoine mondial d’infrastructures
détenu en propre :
- 600 000 km de fibre terrestre
- 450 000 km de fibres dans les câbles sous-marins
- 100 millions de foyers raccordables à la fibre
- 273 millions d’accès mobiles 4G/5G
sources : DEU 2025, Yearbook 2025
Pour réussir ce renouveau européen, il est essentiel de penser la connectivité comme un écosystème où chaque technologie – fibre, mobile, sous-marin, satellite – joue un rôle complémentaire. C’est ce mix d’infrastructures, associant la robustesse des réseaux terrestres à la flexibilité du spatial, qui permet de garantir la souveraineté numérique, la résilience et l’accès pour toutes et tous, en toutes circonstances
L’essentiel à retenir
- Le satellite est un pilier de la souveraineté et de l’inclusion numérique européenne, en complément des réseaux terrestres et sous-marins.
- L’Europe dispose d’une fenêtre d’opportunité pour reprendre la main sur son destin spatial. Agissons collectivement !
- Notre mix d’infrastructures mondial garantit performance, résilience et maîtrise des usages numériques.