L’essentiel à retenir
Le roaming permet aux clients d’un opérateur d’utiliser le réseau d’un autre opérateur lorsqu’ils voyagent à l’étranger.
Orange s’appuie sur plus de 700 accords avec des opérateurs dans plus de 200 destinations dans le monde.
L’essor de l’eSIM et des objets connectés renforce le besoin d’une expertise rigoureuse et minutieuse du roaming.
Qu’est-ce que le roaming et à quoi il sert ?
Bénédicte David : « Le roaming, appelé « itinérance » en français, c'est ce qui permet à un client d'un opérateur donné d'utiliser le réseau d'un autre opérateur lorsque le réseau de son propre opérateur n'est pas disponible. Ce qui est évidemment particulièrement le cas lorsqu'on va à l'étranger.
Si, par exemple, vous êtes client(e) d’Orange France et que vous allez en Allemagne, il n’y a plus de réseau Orange, mais des réseaux Deutsche Telekom, Vodafone, Telefonica. Grâce au roaming, Orange France peut vous permettre d’utiliser le réseau d’un de ces trois opérateurs domestiques allemands. Bref, vous restez connecté(e) où que vous soyez. »
Que se passe-t-il en coulisses lorsque nous passons une frontière ?
B. D. : « Vu du client, on a presque l’impression qu’il ne se passe rien. Mais, en coulisses, passer d’un réseau domestique au réseau de quelqu’un d’autre nécessite de nombreuses actions. Cela suppose d’abord d’avoir conclu un accord avec un ou des opérateurs domestiques, puis de disposer d’une interconnexion technique entre votre opérateur et les réseaux visités. C’est ainsi qu’ensuite, lorsque votre téléphone détecte les réseaux disponibles, il peut se connecter à un de ces réseaux sous réserve d’y avoir été autorisé par son opérateur.
Une fois l'accès validé, le réseau visité joue son rôle d’opérateur télécoms et transporte les appels, les SMS et les données du client. Évidemment, toutes les informations de consommation vont être échangées de façon sécurisée entre les deux opérateurs. Ainsi l'opérateur domestique pourra facturer son client conformément à son offre de roaming, et l'opérateur visité, facturera, de son côté, l’utilisation de son réseau à l'opérateur domestique selon les conditions de l’accord de roaming conclu entre eux. »
Comment Orange Wholesale - l’entité en charge du roaming au sein du groupe - garantit-il cette continuité de service ?
B.D. : « En réalité, le roaming est une mécanique complexe qui repose sur trois piliers. Le premier, ce sont des plateformes techniques que nous appelons « roaming enablers » qui permettent aux réseaux d'échanger toutes les informations nécessaires. Le deuxième, c’est la maîtrise opérationnelle. . Des routes techniques doivent ainsi être ouvertes service par service (2G, 3G, 4G, 5G) et les flux de trafic doivent être gérés et supervisés pour garantir la qualité de service. Pour faciliter cette maîtrise des opérations, pour nos filiales, nous avons créé, il y a 12 ans, un centre d'expertise dédié qu'on appelle le Roaming Operational Center (ROC) basé à Abidjan, en Côte d'Ivoire.
Le troisième pilier concerne les accords de roaming eux-mêmes. Ici, Orange bénéficie également d'atouts importants. Le Groupe compte plus de 270 millions de clients mobiles répartis dans nos 26 filiales en Europe et en Afrique. Et quand ces millions de clients se déplacent partout dans le monde, leur trafic intéresse évidemment les opérateurs des pays visités. Inversement, la qualité de nos réseaux et plus de 25 ans d’expérience dans le roaming séduisent les opérateurs étrangers pour offrir un roaming de qualité à leurs clients domestiques.
Fort de ces trois briques, Orange Wholesale s’impose comme un des grands opérateurs de référence dans le domaine du roaming, au bénéfice de ses clients et des clients de ses partenaires opérateurs ».
Le développement de l’eSIM offre aujourd’hui de nouvelles possibilités aux voyageurs. En quoi transforme-t-elle le marché du roaming ?
B.D. : « Le déploiement de l'eSIM rebat fortement les cartes de la connectivité pendant les voyages. Historiquement, en effet, dans chaque pays, il y a des opérateurs qui vendent des forfaits à des clients qui sont en fait des résidents de ce pays. Et quand ce résident veut aller dans un autre pays, il bénéficie du mécanisme de roaming. Mais l'eSIM a ouvert ce marché de la connectivité au-delà des frontières à de nouveaux acteurs mondiaux qui s'appuient sur une distribution totalement digitale et adressent les clients partout dans le monde.
Ainsi, aujourd’hui, un voyageur a le choix soit d'utiliser les offres de roaming traditionnelles de son opérateur, soit d'acheter une eSIM.
L'enjeu pour les opérateurs est donc double. D'une part, il s’agit d'adapter leurs propres offres de roaming destinées à leurs clients aux nouveaux standards apportés par ces acteurs en termes de simplicité, de lisibilité et de diversité. C’est ce que nous avons fait chez Orange.
Mais il faut bien comprendre une chose : les nouveaux acteurs à l’initiative de l’eSIM sont ce qu’on appelle des Mobile Virtual Network Operator (MVNO). Ce sont donc des fournisseurs de télécommunications qui n’ont pas de réseau. Le deuxième enjeu pour les opérateurs de réseau, comme Orange,est donc tout simplement de fournir à ces nouveaux acteurs la connectivité internationale de nos propres réseaux et celle apportée par les accords de roaming ».
Aujourd’hui le roaming ne concerne plus seulement la téléphonie mais aussi les objets connectés. Pouvez-vous nous en dire plus ?
B.D. : « Oui, il n'y a pas que les humains qui ont besoin de connectivité. Les machines aussi.
L'automobile est probablement le meilleur exemple. Une voiture aujourd’hui s’apparente presque à un smartphone sur roues. Elle est remplie de capteurs et de systèmes connectés qui permettent l'assistance d'urgence, le diagnostic à distance, la navigation ou encore des services de divertissement. Et par définition elle est mobile et va parfois traverser des frontières. Elle a donc besoin de la même continuité de service qu'un voyageur. Les grands constructeurs doivent avoir une garantie de couverture internationale pour que les systèmes embarqués fonctionnent tout le temps. Résultat, ils se tournent vers des partenaires qui vont gérer les accords de roaming en leur nom. C’est le marché du roaming machine-to-machine (M2M). Et Orange est l’un des fournisseurs de ces partenaires. »
Le roaming devient donc de plus en plus complexe à gérer non ?
B. D. : En effet, l’essor de l’eSIM, le développement du M2M et plus globalement les évolutions des usages rendent les négociations de plus en plus complexes. En particulier pour les petits opérateurs. Dans notre secteur, les accords de roaming sont généralement renégociés chaque année. Ce qui nécessite une forte expertise lorsqu’il faut gérer des centaines de partenaires à travers le monde. C’est la raison pour laquelle, avec plus de 25 ans d’expérience dans le domaine et l’envergure de notre Groupe, nous avons décidé de proposer notre forte capacité de négociation aux petits opérateurs avec notre nouvelle solution Orange Roaming Broker. Nous l’avons présentée lors du dernier GSMA WAS (Wholesale Agrements and Solutions) à Dublin, évènement qui a réuni tous les opérateurs internationaux et lancé le cycle de renégociations des contrats de roaming.
Nous mettions déjà notre expertise technique et opérationnelle au service des opérateurs. Avec cette nouvelle offre, ils peuvent aller plus loin et nous confier l’ensemble de la gestion de leur roaming. Notre promesse est simple : déléguer la complexité pour créer plus de valeur !
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