24 mars 2020

Gare aux fake news

Dans un sondage réalisé par Ipsos pour le Center for international governance innovation en 2019, 86% des internautes dans le monde déclaraient s’être déjà laissé piéger par des fake news. S’il est bien un domaine dans lequel les fake news fleurissent, c’est celui de la santé. Depuis le début de la crise du Covid-19, les fake news se multiplient sur les réseaux sociaux ou dans des boucles de message. Nos conseils pour ne pas vous laisser piéger.

 

Le but de ceux qui contrefont l’information : diffuser aussi largement que possible dans l’opinion publique des messages. Leurs intentions ? Elles peuvent être humoristiques, satiriques, mais elles peuvent aussi être idéologiques, politiques, économiques... Vinci en a fait les frais en 2016 : un faux communiqué de presse annonce le licenciement du directeur financier du Groupe. La fausse information est reprise par les médias. Dans les minutes qui suivent, l’action dégringole : les pertes s’élèvent à 7 milliards d’Euros.

 

« Un ami médecin m’a dit que »…

Fiables à première vue, ces messages contiennent régulièrement de fausses informations sur le virus et sur la manière de s’en prémunir. Par exemple, on peut lire qu’il faut boire des boissons chaudes ou prendre des bains de soleil parce que le virus ne résiste pas à la chaleur. En Allemagne, un message a circulé et fait courir la rumeur de la fermeture des supermarchés Aldi. À Madrid, certains habitants ont reçu des messages vocaux annonçant la concentration des urgences pédiatriques dans un seul hôpital. En Afrique, on peut lire que le virus se transmet par les moustiques. Ces informations sont fausses. Pourtant, elles se diffusent comme des traînées de poudre. Pire encore, certains articles prennent toute l’apparence de contenus scientifiques fiables (graphiques, termes scientifiques), alors qu’il n’en est rien.

 

Médias et réseaux sociaux mobilisés

Depuis le début de la crise, de très nombreux médias et leurs cellules de fact checking  (vérification d’informations) allument des contre-feux à ces rumeurs. Article par article, ils tentent de rétablir les faits et de démonter les contre-vérités en se livrant à une véritable bataille pour l’attention du public. De leur côté, les grandes plateformes numériques ont – fait inédit – publié une déclaration commune lundi 16 mars.

 

fake news

« Nous travaillons conjointement sur les efforts de réponse au COVID-19. Nous aidons des millions de personnes à rester connectées, tout en combattant la fraude et la désinformation au sujet du virus, en augmentant le nombre de contenus qui font autorité sur nos plateformes et en partageant des mises à jour critiques en coordination avec les agences de santé nationales des différents pays du monde. »

 

 

Nos conseils pour faire le tri

  • S’il s’agit d’un article en ligne, appliquez ces quelques conseils publiés par le gouvernement français, par l’association à but non lucratif Check Africa : vérifiez que la publication est fiable, que l’article cite des sources (avec des liens), lisez les commentaires.
     
  • S’il s’agit plutôt de messages ou de posts sur les réseaux sociaux, fiez-vous à cette vidéo de la BBC ou bien à ce dossier de France Inter, qui vous conseille par exemple de ne pas croire aux arguments d’autorité du type « un chercheur de Wuhan m’a dit que… ».
     
  • En cas de doute  lisez cet article publié par l’OMS : il apporte la réponse scientifique à la plupart des fausses informations qui circulent.